Un milieu humide du Témiscamingue sondé pour mesurer son carbone

11 août 2026

par : Journaliste | journaliste@journallereflet.com

photo : Matthias Heyde by Unsplash

Un milieu humide de la MRC de Témiscamingue a été sondé afin de déterminer la quantité de carbone qu’il pourrait conserver dans son sol et sa végétation. Les données recueillies contribueront éventuellement à la création d’une carte québécoise destinée à guider les décisions d’aménagement du territoire.

Le site témiscamien faisait partie des cinq milieux humides étudiés en 2025 par le Conseil régional de l’environnement de l’Abitibi-Témiscamingue. L’organisme avait sélectionné un emplacement dans chacune des cinq MRC de la région. Le lieu exact où les mesures ont été prises n’a pas été rendu public.

Cinq autres sites de l’Abitibi-Témiscamingue doivent être échantillonnés pendant l’été 2026. Le CREAT ne précise toutefois pas leur répartition entre les MRC. Il n’est donc pas possible de confirmer qu’un deuxième milieu humide du Témiscamingue fera partie de cette nouvelle campagne.

Dans chacun des milieux sélectionnés, l’équipe a établi cinq stations mesurant 10 mètres sur 10. Trois mesures de l’épaisseur du sol organique y ont été prises avec une sonde pouvant atteindre huit mètres de profondeur. Le degré de décomposition de la matière organique, les espèces présentes ainsi que les dimensions des arbres et des arbustes ont aussi été relevés.

Les sites ont notamment été choisis selon leur accessibilité, leur superficie et leur proximité avec un esker ou une source d’eau potable. Leur niveau de priorité dans les plans régionaux des milieux humides et hydriques des MRC a également été considéré.

Les données seront transmises à des chercheurs du laboratoire C-PALEO de l’Université du Québec à Montréal. Elles doivent alimenter un modèle permettant d’estimer et de cartographier le carbone conservé dans les sols des milieux humides de la province. Cette carte pourrait ensuite aider les autorités à éviter ou à réduire les perturbations dans les secteurs qui renferment les réserves les plus importantes.

Les milieux humides accumulent du carbone parce que l’eau ralentit la décomposition de la matière organique. Dans certains cas, notamment dans les tourbières, ce carbone peut demeurer emprisonné dans le sol pendant des centaines ou des milliers d’années.

Le drainage, le brassage du sol ou la destruction d’un milieu humide peuvent toutefois relancer la décomposition de cette matière et libérer une partie du carbone sous forme de gaz à effet de serre. Le ministère estime ainsi que les données recueillies pourront servir à reconnaître les milieux dont la conservation devrait être priorisée.

Le projet a été financé par le gouvernement du Québec dans le cadre du Plan pour une économie verte 2030. Pour l’instant, le CREAT présente la méthode et le nombre de sites visités, mais aucune estimation des stocks de carbone propres au Témiscamingue ou à l’Abitibi-Témiscamingue n’est encore disponible.

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