Un 5 à 7 pour faire entendre la voix des jeunes du Témiscamingue

18 août 2026

par : Ange Major | amajor@journallereflet.com

photo : Ange Major

Les jeunes de l’Abitibi-Témiscamingue veulent s’impliquer dans leur communauté. Pourtant, ils ne se sentent pas toujours entendus par ceux qui prennent les décisions. C’est ce paradoxe que le Forum jeunesse de l’Abitibi-Témiscamingue (FJAT) voulait mettre en lumière lors d’un 5 à 7 tenu le 13 août à Ville-Marie, où jeunes et élus étaient invités à se rencontrer.

La démarche prenait racine dans un sondage régional mené en mai dernier auprès des 12 à 35 ans. À l’approche de la campagne électorale provinciale, le FJAT souhaitait mieux comprendre les préoccupations de cette génération afin de pouvoir les porter auprès de ceux qui aspirent à représenter la région. Parmi les résultats, le sentiment d’être entendu ne récoltait qu’une note de 2,3 sur 5.

Pour Benjamin Brassard, président du FJAT, cette donnée traduit notamment une distance entre les jeunes et les décideurs. « Les jeunes ne se sentent pas assez écoutés de leurs dirigeants politiques. »

Le Forum ne désirait toutefois pas s’arrêter aux réponses recueillies dans un sondage. Après avoir compilé les résultats, l’organisme a entrepris une tournée des différentes MRC de l’Abitibi-Témiscamingue afin de retourner vers les jeunes et de comprendre ce qui se cache derrière les statistiques. Après Rouyn-Noranda et l’Abitibi-Ouest, cette tournée s’est arrêtée au Témiscamingue le 13 août, à la Maison Frère-Moffet de Ville-Marie.

Derrière les chiffres, des réalités différentes

La rencontre devait d’abord permettre de présenter les principaux résultats du sondage, avant de laisser place aux échanges. L’objectif était notamment de vérifier si le portrait régional correspondait à la réalité du Témiscamingue et de faire ressortir des enjeux propres au territoire.

Pour Benjamin Brassard, cette étape était importante puisque les réalités vécues par les jeunes ne sont pas nécessairement les mêmes partout dans une région aussi vaste. « Ce n’est pas tout à fait les mêmes réalités entre le Témiscamingue et la Vallée-de-l’Or, par exemple. »

Des élus et des acteurs politiques avaient également été invités à participer à la rencontre. Leur présence devait surtout servir à créer un espace où ils pourraient entendre directement les préoccupations des jeunes. « On ne veut pas entendre ce que le leader politique pense. Ce qu’on veut, c’est qu’il écoute. »

Les échanges recueillis au fil de la tournée serviront à compléter le rapport du FJAT. Par ailleurs, l’organisme souhaitait éventuellement réunir les candidats de la région pendant la campagne électorale afin de leur présenter les préoccupations exprimées par les jeunes et de leur demander ce qu’ils comptent faire pour y répondre.

L’envie de participer est déjà là

Une autre donnée du sondage a particulièrement marqué Benjamin Brassard : 93 % des jeunes sondés disent être prêts à s’impliquer dans leur communauté. Si cette volonté contraste avec leur faible sentiment d’être entendus, le président du FJAT n’y voit aucun désintérêt. Au contraire : l’élan est là, il ne reste qu’à leur donner les conditions favorables pour qu’ils puissent passer à l’action. « Il faut écouter ces jeunes-là qui veulent s’engager, mais il faut surtout leur laisser la place. »

Si certains, malgré leur volonté, ne savent pas par où commencer pour s’engager, d’autres ne s’en sentent peut-être simplement pas capables ni suffisamment outillés. L’enjeu dépasse donc la seule invitation ; il faut offrir aux jeunes des espaces où cette implication peut véritablement prendre forme.

Le sondage a également fait ressortir des préoccupations très concrètes. Le coût de la vie arrivait notamment au premier rang des enjeux mentionnés, autant chez les étudiants que chez les jeunes déjà sur le marché du travail.

En venant au Témiscamingue, le Forum jeunesse voulait justement dépasser ces statistiques et constater comment ces réalités se vivent dans les différentes communautés.

La tournée mènera ensuite mener à une autre étape : porter cette parole jusqu’aux candidats appelés à solliciter le vote des électeurs. Pour le FJAT, le défi ne consistait donc pas seulement à écouter les jeunes, mais à faire en sorte que la voix de ces derniers trouve un écho là où les décisions se prennent.

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