Quelqu’un cogne à la porte. Le chien jappe, bondit, renifle le visiteur. Pour le propriétaire de l’animal, ce comportement peut sembler impoli ou désobéissant. Pour Josée Miron, éducatrice canine au Témiscamingue, c’est souvent là que le malentendu commence. « C’est ça, un bonjour de chien. », affirme-t-elle.
À l’occasion de la Journée du chien, célébrée le 26 août, l’éducatrice rappelle une réalité simple : humains et chiens vivent ensemble, mais ne perçoivent pas spontanément le monde de la même façon. Lorsqu’un chien ne répond pas à une consigne, il ne cherche pas nécessairement à défier son propriétaire. Il peut simplement ne pas comprendre ce qu’on attend de lui.
Deux langues dans la même maison
Depuis environ quatre ans, Josée Miron accompagne des propriétaires aux prises avec des aboiements, de la protection de ressources, de la réactivité ou d’autres comportements devenus difficiles. Après plusieurs formations, notamment en comportement félin, elle a entrepris en 2021 une formation d’environ 350 heures consacrée au chien, à son développement et à son comportement.
Ce qu’elle observe revient souvent au même point : l’humain demande au chien d’agir selon des codes humains sans nécessairement lui avoir appris ce qu’ils signifient. « Le chien ne parle pas français. », explique-t-elle. Un même ordre verbalisé différemment, comme : « viens », « viens ici » ou « viens-t’en » peut vite confondre un animal, même si l’intention semble claire pour son maître.
Mais la confusion commence parfois avant l’adoption. Un berger qui pince les mollets ou un husky qui tire a souvent sa raison d’être : en effet, certaines races ont été sélectionnées pendant des générations pour rassembler, poursuivre ou tirer. En revanche, ces comportements peuvent être travaillés, mais ils exigent un investissement de temps. « Je n’ai pas de baguette magique. », ajoute Josée Miron.
Par ailleurs, le travail ne s’arrête pas à la consultation. L’éducatrice peut montrer une méthode, bloquer l’accès à une fenêtre qui déclenche des aboiements ou apprendre au chien une autre réaction. C’est toutefois le propriétaire de l’animal qui doit poursuivre l’entraînement avec celui-ci par la suite.
Comprendre avant que ça déborde
Lorsque l’incompréhension s’installe pendant des mois ou des années, les conséquences peuvent devenir plus lourdes. Josée Miron a été témoin de situations délicates donnant lieu au remplacement de l’animal, à l’abandon et parfois même, à l’euthanasie. Elle insiste notamment sur le grognement, souvent perçu comme un comportement à proscrire alors qu’il peut simplement signifier un inconfort de la part du chien.
Le même conseil prévaut également dans les familles avec de jeunes enfants. Un animal peut tolérer longtemps qu’on lui tire la queue, qu’on le dérange pendant son sommeil ou qu’on approche sa nourriture. Cela ne signifie pas que sa patience est sans limite. Des barrières, un espace de repos inaccessible à l’enfant et une surveillance plus serrée peuvent éviter que la situation se détériore.
Pour Josée Miron, mieux vivre avec un chien ne commence donc pas par le rendre parfaitement obéissant. Il faut d’abord apprendre à le comprendre, à identifier ce dont il a besoin et ce qu’on lui a réellement enseigné. Avant d’exiger qu’il s’assoie calmement lorsqu’un visiteur entre, encore faut-il lui avoir montré que, dans cette maison-là, c’est ainsi que les humains disent bonjour.