Hommage à nos lacs du Témiscamingue

27 août 2026

par : Dominique Roy | Journaliste de l'Initiative de journalisme local

photo : Photo gracieuseté

Il y a plus de 117 millions de lacs dans le monde, l’ONU a décidé de consacrer une journée internationale en leur honneur. Depuis l’an dernier, le 27 août est désormais la Journée mondiale des lacs dont l’objectif est de les protéger en sensibilisant les populations à des enjeux majeurs, notamment les conséquences des activités humaines, telles que la pollution, le rejet des produits chimiques de l’agriculture et de l’industrie, le réchauffement climatique, la pêche excessive, etc.

Un mode de vie façonné par la présence de lacs

Pour notre région, cette volonté de conscientiser et de sensibiliser est essentielle, puisque le Témiscamingue compte plus de 7500 lacs et rivières, selon l’Encyclopédie canadienne. Ce patrimoine naturel et sauvage, qui contribue à l’attractivité du territoire, est synonyme de bien-être, de détente, de rassemblements, d’identité, de loisirs et de divertissements, de qualité de vie, de mode de vie, etc. D’ailleurs, plusieurs personnes nous le rappellent en partageant leurs propres souvenirs, évoquant les lacs du Témiscamingue qui occupent une place privilégiée dans leur histoire personnelle.

Fragments de vie au bord de l’eau

Véronique Bourgeois, de Temiskaming Shores, parle de celui qu’elle associe à des rencontres familiales inoubliables, soit le lac Cameron à St-Eugène-de-Guigues. « Nous avons grandi sur ce lac, au chalet qui appartenait à ma mémé et mon pépé Bourgeois. J’ai tellement de beaux souvenirs avec les 11 cousines », raconte-t-elle.

Ginette Dubois habite à Guelph. Son mari et elle ont été propriétaires, pendant 10 ans, d’un chalet au lac de l’Argentier à Fugèreville. Les randonnées en pédalo et en VTT autour du lac, les 5 à 7 sur la plage avec les amis et la parenté, les chansons de fin de soirée autour du feu avec le voisin qui jouait de la guitare font partie de ses souvenirs les plus chers. « C’était vraiment spécial, car on faisait 7 à 8 heures de route pour profiter de notre lac et être en bonne compagnie. »

Pour Sophie Bourdon, de Rouyn-Noranda, le lac des Quinze est son préféré d’entre tous. Elle le surnomme d’ailleurs « le lac de tous les possibles ». « Nos séjours au camp de chasse de mon père près du lac, sans eau courante et sans électricité, sont les plus beaux souvenirs de mon enfance. Laisser le temps filer sur une plage de sable déserte, sauter en bas de la chaloupe, dans 30 à 50 pieds de creux, c’était ça le bonheur pour la petite fille que j’étais. Accoster sur une île et manger des bleuets. Plus tard, le lac des Quinze a été témoin de mon premier “crush” à l’île aux squelettes lors de mon séjour à la Baie Gillies. »

Sylvain Cardinal, de Laverlochère, mentionne le lac Sairs, aussi appelé lac Brennan, situé au kilomètre 108 sur le chemin de pénétration de Béarn. Pour lui, il s’agit d’un des plus beaux lacs du Témiscamingue. Il apprécie cet endroit pour le camping, ses belles plages, son île de sable et la pêche. « J’y vais chaque année depuis au moins 45 ans. J’y ai plein de beaux souvenirs avec ma famille et les amis. »

Maxime Bourassa, de Nédélec, mentionne le lac Ogascanan, dans la Zec Kipawa, pour la qualité de la pêche et pour ses magnifiques plages sablonneuses. Ses souvenirs les plus précieux : une soirée à regarder les aurores boréales, de même que ses impressionnantes prises de dorés.

Fannie Phillips, originaire de Belleterre, a grandi près du lac aux Sables. « Il est parfait pour des journées à la plage et la baignade, avec son eau claire et son sable doux pour les pieds. Je dis souvent que je n’échangerais pour rien au monde les étés que j’y ai passés pendant toute ma jeunesse. J’ai d’excellents souvenirs des après-midi au quai d’avion bondé de monde, la musique qui sort du système de son d’une voiture. Un endroit comme ça, c’est un bonheur à partager. » D’ailleurs, la tradition se poursuit, puisqu’elle y passe encore ses vacances estivales.

Quant à Jordan Côté, il refuse de dévoiler le nom du lac qu’il associe à ses pêches les plus miraculeuses. Toutefois, il avoue avoir un faible pour le lac Kipawa. « C’est de loin le plus beau plan de la région pour son environnement et son relief vraiment unique, la variété de sa faune, son eau très claire, ses grands pins en énorme quantité. Il compte plusieurs espèces de poissons, dont la truite grise, le doré jaune, l’achigan à petite bouche, le brochet, etc. » Pour lui, cet endroit est la définition même d’un retour aux sources en raison des nombreux souvenirs qui lui viennent à l’esprit : dormir sur une île plusieurs nuits d’affilée, les doux réveils à 5 heures du matin par le chant des huards, le café dans ce décor enchanteur et les journées de pêche qui suivaient.

Enfin, du côté du Témiskaming ontarien, Katrina Bourgeois rend hommage au Gillies Lake, à Cobalt, auquel elle associe les plus beaux couchers de soleil et le précieux souvenir de ses années passées au Camp Jeunesse en Marche, d’abord comme participante campeuse dans sa jeunesse et ensuite comme animatrice l’été durant ses études.

Bref, pour que ces fragments de vie au bord de l’eau deviennent aussi ceux des générations à venir, la protection des étendues d’eau est essentielle. Voilà pourquoi la Journée mondiale des lacs a pleinement sa raison d’être.

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