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La fierté de chez nous

17 Novembre 2020par : Bernard Flébus

photo : Marc-André Martin

Bernard Flebus est un touche-à-tout. Reconnu dans la région principalement pour ses talents culinaires, il a mis sur pied la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien en collaboration avec Line Descôteaux. Aujourd’hui, il est propriétaire de la charcuterie Extrem’ Boreal.

Cela fait trente ans que je vis au Québec, trente ans à vivre dans la filière de la nourriture. Beaucoup de choses ont changé dans ce domaine et selon moi pour le mieux.

Le Témiscamingue a vu naître un bon nombre d’entreprises de transformation agroalimentaire dans beaucoup de domaines. Je me souviens entre autres de pionniers tels que miel Abitémis, avec le si sympathique Germain Tétreault que je présentais toujours en disant qu’il aimait tellement ses abeilles que chacune avait un nom. Il y avait aussi à l’époque la petite ferme Lunick et ses pommes de terre ainsi que la boulangerie Héroux à Ville-Marie qui faisait ses livraisons de pain dans tous les villages. La liste pourrait continuer, mais ces trois-là ont marqué mon esprit.

Je me souviens des débuts du Fromage au village, de la boulangerie Linda, des carottes Val Jack, des tomates de Céline Deault et puis celles de l’Éden rouge. Je me souviens aussi de l’achat de la chocolaterie avec la mère de mes filles. Aujourd’hui, certaines de ces entreprises ont arrêté leurs activités, d’autres se sont développées; il n’est pas rare quand je me promène dans la province de retrouver du chocolat, du miel, du fromage, des fameuses pommes de terre et d’autres produits de chez nous dans les étalages.

Je repense à ces premières sorties importantes de la région, alors qu’on appelait les médias locaux. En compagnie de Christian Barrette à Mont-Tremblant, avec nos petits kiosques assez pittoresques, ou avec la Ferme Nord-Vie à la place Bonaventure de Montréal. On arrivait au Food show de Toronto ou au SIAL de Montréal avec une fourgonnette pleine à craquer et on se faufilait, nous, les p’tits culs, entre les grosses semi-remorques de multinationales qui avaient une douzaine d’employés pour monter leurs kiosques.

On revenait heureux et crevés de ces périples et savez-vous pourquoi ? Parce qu’on représentait notre région, vous n’imaginez pas la fierté qu’on avait de dire qu’on venait du Témiscamingue, devant la mine ébahie de nos interlocuteurs. Ces grandes sorties commerciales étaient l’assurance de rencontrer des acheteurs et des distributeurs, chose presque impossible à faire de chez nous.

En trente ans, on a toujours connu une croissance et une augmentation de l’offre témiscamienne sur toutes les tablettes d’épicerie au Québec. Aujourd’hui, quand je discute avec les nouveaux et les anciens, je sens ce fort sentiment qui anime tous ces agrotransformateurs, celui de représenter non pas une des plus belles, mais la plus belle région du Québec, le Témiscamingue.

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