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Le sous-sol de Walter Gretzky

1 Décembre 2020par : Luc Gélinas

On me demande souvent ce qui m’a le plus marqué depuis mes débuts à RDS. Je dois avouer que je me considère extrêmement choyé d’avoir pu vivre autant de belles choses depuis l’ouverture de la station en 1989 et les souvenirs extraordinaires sont nombreux. La fermeture du Forum, certaines Coupes Stanley, des Jeux olympiques, des championnats du monde en Europe, le retour de Lemieux après sa retraite ou de Koivu après son cancer ne peuvent pas s’oublier. Mais le moment le plus inoubliable de toute ma carrière s’est déroulé en 2008, à Brantford en Ontario.

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Tous les vrais mordus de hockey du pays savent que Wayne Gretzky est né à Brantford. À l’époque, mon patron m’avait donc envoyé là-bas afin de constater quel héritage Gretzky avait laissé dans sa ville. Un reportage de routine qui n’avait rien de très stimulant. Une entrevue avec le maire, une visite à l’aréna, un saut dans un restaurant sportif et un rendez-vous avec Walter Gretzky, le paternel de La Merveille avaient été planifiés. À la suite d’un accident vasculaire en 1991, monsieur Gretzky ne pouvait plus conduire sa voiture et il était venu nous rejoindre en taxi pour notre arrêt à l’hôtel de ville. J’ai rarement rencontré quelqu’un d’aussi sympathique et attachant.

À la fin de la journée, nous l’avons raccompagné chez lui et en entrant dans la maison, j’ai vu toutes ces photos sur les murs. J’ai vite réalisé qu’il vivait toujours au même endroit où il avait élevé sa famille. J’ai alors osé lui demander si on pouvait filmer un petit deux minutes et avant même que je termine ma phrase, il nous invitait à le suivre. J’avais hâte de voir la cour arrière où le meilleur joueur de l’histoire avait donné ses premiers coups de patins! Puis, Walter m’a fait signe en souriant et il a traversé la cuisine pour ouvrir la petite porte située sous les marches qui permettent de monter à l’étage. Jamais je n’aurais pu deviner la suite. C’était la porte pour le sous-sol, la porte de la caverne d’Ali Baba!

Pratiquement tout ce que Wayne a gagné dans sa vie se retrouve dans le sous-sol de la maison familiale. Des médailles d’athlétisme de l’école primaire, des centaines de trophées du hockey mineur, des reliques de son passage dans l’Association mondiale mais aussi ses trophées Hart, Art Ross, Conn Smythe et les répliques des Coupes Stanley qu’il a remportées. Des rondelles et des bâtons de certains buts marquants ou de plateaux importants, des chandails de matchs des étoiles, d’Équipe Canada, des Oilers, des Kings, des Blues et des Rangers s’empilaient au travers de souvenirs donnés par d’autres légendes du hockey comme des bâtons de Raymond Bourque, Paul Coffey ou Steve Yzerman. C’était impossible à croire et aujourd’hui encore je me dis que ça n’a pas pratiquement pas de sens! En allongeant assez d’argent, tu peux acheter un billet pour la finale du cent mètres aux JO, pour le Superbowl ou la dernière ronde du tournoi des maîtres. Mais ce que j’ai vécu ce jour-là, ça n’a aucun prix.

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