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Le Blizzard de l’an 2000

15 Décembre 2020par : Luc Gélinas

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

L’hiver qui commence à s’installer m’a ramené à l’esprit une célèbre tempête de neige que je n’oublierai jamais. Tout s’annonçait pour être un petit voyage tranquille de deux parties avec le Canadien alors que l’horaire prévoyait des escales à Raleigh le mardi, puis à Boston, le vendredi. Mais le 24 janvier 2000, après une défaite en prolongation face aux Hurricanes, nous avons été incapables de quitter la Caroline, prisonniers de ce que l’on a surnommé le « Blizzard de l’an 2000 ».

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En entrant dans le building vers 16 h, rien n’indiquait que Dame nature allait se révolter brusquement. Même chose après le match alors que de gros flocons de neige virevoltaient dans le ciel, mais ce n’était vraiment rien d’inquiétant.

À l’époque, les journalistes étaient autorisés à voyager avec le Canadien et on est partis en vitesse vers l’aéroport pour arriver le plus rapidement possible à Boston. Mais à mi-chemin, le vent s’est levé, et à compter de ce moment, on a commencé à se demander si on allait pouvoir décoller. Après 90 minutes à patienter, assis dans l’avion, on est retournés à bord des autobus, mais il n’y avait plus de chambres de disponibles à notre hôtel puisque les Coyotes étaient déjà arrivés en ville.

Heureusement, l’hôtel du campus de l’université North Carolina, situé à Chapel Hill, a pu nous accueillir. À un certain moment, mon ami Pierre McGuire, qui était alors analyste à la radio anglophone, est allé dehors pour guider les deux chauffeurs sur une distance d’environ un demi-kilomètre, car on ne voyait plus du tout la route. Le lendemain au réveil, la tempête était terminée, mais aucun chemin n’était déblayé et il y avait des milliers de voitures abandonnées au milieu des rues et des autoroutes. Ça nous a certes donné un excellent reportage, mais encore fallait-il l’acheminer à RDS! Comme les taxis refusaient de sortir, j’ai offert deux cents dollars comptant à un des deux conducteurs d’autobus pour qu’il nous amène à une station de télé en ville. Il a accepté et nous avons pu envoyer nos images à Montréal par satellite. Quand je suis fièrement revenu à l’hôtel avec mon ami et cameraman Paul Buisson, Alain Vigneault nous attendait dehors en fumant un cigare. « Heille, vous autres là, j’vous jure qu’on se demandait ce qui était arrivé avec notre bus. Demain, s’il faut, je parlerai à votre patron, mais c’est hors de question qu’on vous laisse à nouveau sortir d’ici. C’est carrément dangereux, y’a pas un chat qui a des pneus d’hiver! »

On a donc passé la journée du jeudi à jouer aux cartes entre collègues! Finalement, le vendredi en fin d’après-midi, l’avion privé des Rangers est venu à la rescousse, car celui du Canadien se trouvait encore enseveli sous la neige. On est rentrés directement à Montréal et le match contre les Bruins a été remis à la toute fin de la saison.

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