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Mois de l'histoire des Noirs | Trois portraits témiscamiens

17 Février 2021

par : Dominique Roy

C’est officiellement en 2008 que le mois de février est devenu, dans tout le Canada, celui de l’histoire des Noirs. Il s’agit d’une occasion spéciale pour honorer les contributions des personnes noires qui ont façonné et qui continuent de façonner le patrimoine et l’identité du Canada. Leurs apports sont considérables dans tous les secteurs de la société. Et le Témiscamingue des dernières années est une région qui s’enrichit, elle aussi, grâce à cette diversité culturelle. Voici le portrait de trois nouveaux arrivants qui ont choisi le Témiscamingue comme terre d’accueil.

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Édith Kpodékon

Âgée de 29 ans, Édith Kpodékon est originaire d’Abomey-Calavi, une ville située dans le sud du Bénin. Avec plus de 600 000 habitants, il s’agit de la deuxième commune la plus peuplée de ce pays africain. Madame Kpodékon est arrivée au Canada le 16 janvier 2019. Le mois suivant, soit le 15 février, elle s’installait à Ville-Marie pour des raisons professionnelles. Aujourd’hui, elle est agente de projet multiculturel au Carrefour jeunesse emploi du Témiscamingue. La région a pour elle un air familier. « L’accueil des Témiscamiens me rappelle mon pays d’origine. Les gens qui te saluent sans te connaître. » Que représente février pour elle? « Ce mois représente, pour moi, le moment pour célébrer et honorer particulièrement les personnes noires qui ont participé, mais aussi celles qui continuent d’apporter au développement de la société canadienne. Ces diverses actions permettent au Canada d’être un pays plus inclusif et diversifié, une nation multiculturelle. »

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Chaibou Achirou

L’homme de 40 ans est venu au Canada en 2012 pour un séjour d’un mois, mais c’est en 2014 qu’il s’y est installé « pour de bon ». Il est originaire de Niamey, la capitale du Niger. En 2017, il est déménagé au Témiscamingue pour des raisons professionnelles et parce qu’il était en quête d’une meilleure qualité de vie. Entre autres, il voulait fuir le trafic de la grande région montréalaise. Il travaille pour la MRC de Témiscamingue où il est directeur à la gestion du territoire. Lui aussi, il apprécie le Témiscamingue pour l’accueil chaleureux de la population. Il y voit plusieurs similarités avec les villages africains. « Par exemple, quand un Témiscamien te fait un plan d’une adresse, il le fait à « l’Africain » : genre, tu vois la rue x, tu vires à gauche, tu verras une grosse maison blanche où est stationné x, en face, à droite, c’est là. » En toute honnêteté, monsieur Achirou avoue sa frustration par rapport à la signification de ce mois. « L’histoire des Noirs au Canada remonte aux années 1600, un peu moins d’un siècle après l’arrivée des premiers colons européens 1534. Donc, si au troisième millénaire on souligne une telle histoire, c’est que, quelque part, selon moi, on a oublié des personnes qui ont contribué à la construction de ce pays; ce que je trouve déplorable. Aujourd’hui encore, cette histoire reste méconnue du grand monde et l’homme noir associé à la récente immigration doit travailler plus dur, faire plus de preuve que son frère blanc pour être accepté dans l’échiquier de la société. »

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Carine Mujinga

À 32 ans, Carine Mujinga est originaire de Kinshasa, la capitale et la plus grande ville de la République Démocratique du Congo (14,57 millions d’habitants). Elle est arrivée au Canada le 22 février 2020. Deux jours, plus tard, elle s’installait au Témiscamingue. C’est le travail de son mari qui l’a conduite ici puisque ce dernier avait trouvé un emploi à l’hôpital de Ville-Marie; il est médecin. Le couple a deux enfants, âgés de huit et neuf ans. « Ma plus grande peur en venant ici était que mes enfants n'aiment pas leur école ou que je n'arrive pas à trouver un travail. Mais tout se passe à merveille. J'ai trouvé un travail après seulement deux mois et mes enfants s'adaptent très bien à l'école malgré le fait que le français n'est pas leur première langue. » Madame Mujinga est agente service aux membres à la Caisse Desjardins du Témiscamingue, un emploi qu’elle aime beaucoup. D’ailleurs, le couple a l’intention d’habiter au Témiscamingue plusieurs années, probablement jusqu’à ce que leurs enfants terminent l’école secondaire. Et que signifie le Mois de l’histoire des Noirs pour elle? « À vrai dire, je ne savais pas que c'était le Mois de l'histoire des Noirs, mais je trouve que c'est une bonne occasion de partager notre culture avec les autres. Je pense que je vais m'habiller en tenue africaine, un jour, au travail. »

Pour en apprendre d'avantage sur l'Histoire des Noirs au Canada, nous vous recommandons de consulter le Tableau périodique de l'histoire des Noirs au Canada à l'adresse https://cbhtable.com/.

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