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Il était une fois, dans le Témis de jadis… De grands disparus à qui l'on rend hommage (Partie 2 de 3)

11 Avril 2021

par : Dominique Roy

Au Témiscamingue, le souvenir de grands disparus est gravé à tout jamais dans la mémoire collective. Pour ne pas oublier leurs contributions et leurs accomplissements, leur nom a été attribué à des édifices, des lieux, des rues, etc. Comme ils sont nombreux, nous vous proposons ce deuxième article d’une série de trois pour vous présenter le portrait de quelques disparus au nom familier, mais dont le parcours peut être méconnu.

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Parc Isaïe-Doire

« En juillet 2006, le conseil municipal de Lorrainville adoptait une résolution changeant le nom du Stadium pour le parc Isaïe-Doire afin d’honorer un pionnier. L’inauguration du parc Isaïe-Doire a eu lieu lors des festivités du Centenaire en 2007 », précise Marguerite Lachance, directrice générale adjointe à la municipalité de Lorrainville. Monsieur Doire est né le 22 octobre 1875 à St-Didace, dans le comté Maskinongé. Son épouse, Florida Lambert et lui s’installent à Lorrainville au début du 20e siècle. Au printemps 1902, l’homme achète un lot qui appartient à Joseph Bellehumeur. Ce terrain englobe toute la partie sud-ouest du village. Il y construit des bâtiments pour y faire l’élevage d’animaux, ferme sur laquelle il élève ses enfants. L’instruction est au cœur des priorités du couple. Isaïe se dévoue à la construction de plusieurs écoles vers les années 1910. Il est aussi commissaire et conseiller, fonctions qui lui permettent d’écrire à Monseigneur Latulipe afin d’obtenir l’autorisation de construire l’école du village de Lorrainville sur le terrain de la Fabrique. Homme généreux, il n’hésite pas à offrir sa grange aux quêteux qui cognent à sa porte. Aussi, il offre gratuitement une parcelle de terre de sa ferme pour la construction du terrain de balle. C’est pour cette raison que l’endroit porte aujourd’hui son nom, un geste qui est à tout jamais gravé dans l’histoire de la municipalité. Isaïe Doire est décédé le 18 octobre 1945, quatre jours avant de fêter son soixante-dixième anniversaire.

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Fondation Philippe-Chabot

Devant des difficultés budgétaires anticipées, le Conseil d’administration du Centre d’accueil Duhamel cherchait un moyen de pallier la situation. La mise en place d’une fondation devient donc une solution ingénieuse. Le 5 septembre 1983, lors du souper de la fin des festivités soulignant le 5e anniversaire du Centre d’accueil Duhamel, on annonce officiellement la création de la Fondation Philippe-Chabot. Les membres du conseil d’administration choisissent le nom du Dr Chabot, un médecin qui s’est dévoué pendant 35 années, jour et nuit, beau temps et mauvais temps, en donnant sa santé et sa vie pour servir les Témiscamiennes et les Témiscamiens. Louis Philippe Joseph Chabot est né le 24 novembre 1896 aux États-Unis, plus précisément dans l’État du Michigan. À l’âge de sept ans, son père meurt accidentellement. Il déménage donc à Clarence Creek, près d’Ottawa, avec sa mère. À treize ans, il suit le cours classique à l’Université d’Ottawa dans l’espoir de devenir prêtre. Plus tard, il change de vocation pour étudier en médecine à l’Université de Montréal. Il devient médecin-chirurgien en 1923. Un docteur Chabot, cousin éloigné qui aimait beaucoup trop la boisson, le prend sous son aile et lui confie certaines chirurgies lorsqu’il n’est pas en état d’opérer. Philippe en profite pour s’exercer. Les Sœurs grises le logent à l’hôpital où les cas de nuit lui sont confiés. Philippe Chabot leur en sera toujours reconnaissant et il les soignera gratuitement jusqu’à l’arrivée de l’assurance-maladie. Le 1er août 1925, il arrive au Témiscamingue pour exercer sa profession. Il est le quatrième médecin. Il ouvre son bureau à Lorrainville. Médecin de campagne, il ne refuse jamais d’appel. Le 30 septembre 1925 coïncide avec son premier appel important : un accouchement. Charles-Edouard McFadden est le premier bébé que le Dr Chabot met au monde au Témiscamingue (dans sa carrière, il accompagnera l’accouchement de près de 8000 bébés). Charles-Edouard sera également le dernier patient de Philippe lorsque celui-ci mettra fin à sa carrière après 35 ans de pratique. Tout en se dévouant à ses patients, l’homme est impliqué dans la région : conseiller municipal, maire, promoteur de l’électrification, sociétaire de la Compagnie Industrielle de Lorrainville qui bâtit et gère l’aqueduc et président fondateur de Radio-Témiscamingue. L’homme est aussi un joueur de baseball, sport qu’il pratique jusqu’à l’âge de 50 ans. Le Docteur Chabot décède le 14 novembre 1960. La Fondation Philippe-Chabot, dont la mission est de contribuer au mieux-être des personnes âgées vivant en centres d’hébergement publics au Témiscamingue, rend donc hommage à la grandeur d’âme de cet homme charitable et dévoué à la population de la région.

Logo de la Fondation Philippe Chabot.png

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Collection Gérard Gagnon

De son vivant, Gérard Gagnon, un citoyen de Laverlochère, collectionnait les nids de guêpes. Sa collection en compte plus de 1000 et elle détient le record Guinness du plus grand nombre de nids de guêpes. Monsieur Gagnon est natif de Lac-Mégantic. En 1956, il épouse Graziella Lapointe de Laverlochère. Le couple aura trois enfants. Monsieur Gagnon a toujours travaillé dans le domaine de l’électricité, principalement dans le secteur du montage des lignes électriques. Il a même été contremaître. C’est dans le cadre de son travail qu’il déniche ses premiers nids de guêpes. Au fil du temps, la collection fait parler d’elle et les citoyens font appel à son expertise pour faire démanteler les nids qui sont sur leurs propriétés. La plupart du temps, monsieur Gagnon réussit à les conserver intacts pour les ajouter à sa collection. Dans sa communauté, Gérard Gagnon fait partie des Chevaliers de Colomb; il a aussi été Grand Chevalier de son conseil. Il s’implique également comme marguillier. Lorsque Gérard Gagnon décède le 17 mars 2010 à l’âge de 78 ans, il est important pour la Corporation de développement de Laverlochère de préserver les nids. La Collection Gérard Gagnon est donc exposée au Musée du nid de guêpes à Laverlochère. Les visiteurs peuvent en admirer plus de 700, tous plus originaux les uns que les autres.

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