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Francis Julien au Musée des beaux-arts du Canada

2 Mai 2021

par : Dominique Roy | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Depuis 2014, Francis Julien, originaire de Temiskaming Shores, travaille au Musée des beaux-arts du Canada situé sur la promenade Sussex à Ottawa. Au fil des ans, il a gravi les échelons, ce qui lui a permis, en août 2020, d’obtenir le poste d’adjoint exécutif de la conservatrice en chef du musée. Aujourd’hui, il nous ouvre les portes de cette Galerie nationale du Canada pour nous faire découvrir les joies de son métier et l’environnement dans lequel il respire le bonheur.

En décembre 2013, le jeune homme obtient son baccalauréat de l’Université d’Ottawa en art général avec une double mineure en musique et en traduction. Après quelques mois à travailler ici et là, il pose sa candidature pour un emploi dans une boutique où l’on vend des livres. À ce moment-là, il ignore de quelle boutique il s’agit. La dame qui le reçoit en entrevue est originaire de Timmins. Ils ont un point commun : le nord de l’Ontario. Le jeune diplômé obtient l’emploi et on lui annonce que c’est à la boutique du Musée des beaux-arts du Canada qu’il travaillera. Il s’y plaît, mais d’autres offres alléchantes se présentent et lui permettent de gagner de l’expérience dans différents départements du musée. Depuis quelques mois, il occupe un nouveau poste, celui d’adjoint exécutif de la conservatrice en chef.

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Ses tâches au quotidien

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La conservatrice est la personne qui organise les diverses activités de la galerie d’art et qui veille à l’acquisition, à la conservation, à la présentation et à la diffusion des collections. Francis Julien patauge donc dans cet environnement à titre d’assistant. Ses tâches sont très variées. Plusieurs sont de nature administrative, mais il est aussi responsable d’organiser l’horaire de la conservatrice en chef ainsi que les rencontres sur les acquisitions du musée.

« Le comité interne se rencontre aux deux mois pour présenter les acquisitions potentielles. C’est là que des décisions sont prises pour savoir quelles œuvres seront achetées et quelles œuvres ne seront pas choisies. Ça, c’est pour le comité interne. Si une œuvre coûte plus de 100 000 $ CA, il faut que ça soit présenté au comité de notre conseil d’administration. C’est une deuxième étape pour les œuvres plus chères. Pour les œuvres de plus d’un million de dollars, on doit aller à une autre étape. C’est moi qui m'occupe d’organiser toute la documentation pour ces rencontres-là afin de m’assurer que tout soit présentable. » Il avoue que les rencontres du comité d’acquisition auxquelles il participe sont très inspirantes. « C’est là où on entend l’expertise des conservateurs. Souvent, ce sont des œuvres nouvelles, qui n’ont pas été exposées au musée. On voit la recherche qui a été faite et les explications pourquoi une œuvre pourrait entrer dans la collection, pourquoi elle serait importante. Et puis, c’est vraiment intéressant de voir les experts parler de la recherche qu’ils font. »

Une première publication

Chaque mois, le Musée des beaux-arts du Canada publie un magazine virtuel. Dans l’édition de février 2021, on peut y lire un premier article signé par Francis Julien : Frank Bowling : In the Glow of Light and Colour. Dans celui-ci, le jeune homme parle d’une œuvre nouvellement acquise par le musée. Middle Passage est une peinture créée en 1970 par Frank Bowling, un artiste britannique. « Le titre fait référence à la traite d’esclaves de 1500 à 1800. Ça parle de l’esclavage, de la culture des Noirs en Amérique du Nord et du Sud, et puis c’est très riche comme peinture. C’est abstrait, mais il y a aussi des éléments plus figuratifs. Quand l’œuvre a été présentée au comité d’acquisition, au début, ça ne me parlait pas trop, mais à mesure que le conservateur en parlait et que j’ai appris à connaître de quoi ça traitait, ç’a piqué ma curiosité. Ensuite, j’ai appris que c’était la première œuvre d’un artiste noir qui allait être affiché dans une des salles les plus reconnues du musée. C’est là que je me suis dit que c’était assez significatif comme œuvre. Aussi, j’ai pu assister à l’installation de la peinture. La progression que j’ai vue, de l’acquisition à l’affichage, ça m’a vraiment touché et c’est pour ça que j’ai décidé d’écrire un article. J’ai fait une entrevue avec le conservateur qui en a fait l’acquisition et la vidéo est disponible sur YouTube : Frank Bowling : In the Glow of Light and Colour. »

Un environnement de travail stimulant

L’édifice, le bâtiment comme tel, émerveille encore Francis Julien. L’architecture, le grand hall avec le dôme vitré, la vue sur le Parlement et le centre-ville d’Ottawa, c’est ce qui lui manque beaucoup en ce temps de pandémie qui l’oblige à travailler de son domicile. Ce qui lui fait apprécier son travail, c’est aussi la liberté qu’il a de circuler dans les salles du musée pour découvrir les différentes œuvres de la collection nationale et celles des expositions temporaires. Comme partout ailleurs, le jeune homme, qui vient tout juste de célébrer son trentième anniversaire, avoue que le musée est fortement affecté par les mesures sanitaires mises en place. Il est fermé en ce moment, et tout ce qu’il espère, c’est que les expositions prévues cet été puissent avoir lieu, comme celle sur Rembrandt qui prendra l’affiche très bientôt. Pour ce nouvel emploi, l’adjoint exécutif dit que le défi est de taille et qu’il a beaucoup à apprendre. Il n’a donc pas l’intention de convoiter un autre poste pour l’instant ni de trouver un emploi ailleurs. Professionnellement parlant, il se dit comblé par le Musée des beaux-arts du Canada où il y fait des rencontres des plus passionnantes.

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