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À Témiscaming, Natasha Liard et Al Sam réunissent leurs univers

Natasha Liard et Al Sam sur scène ensemble
gracieuseté Natasha Liard – Ange Major | amajor@journallereflet.com

Le 20 août, Natasha Liard est revenue au Musée de la gare de Témiscaming pour y offrir un spectacle avec son conjoint, Al Sam. Cette première prestation du couple dans la ville d’origine de la chanteuse liait deux histoires : celle d’une enfant encouragée par sa famille à chanter plus fort et celle de deux artistes qui cherchaient à trouver leur propre rythme.

Avant le spectacle, Al Sam a résumé leur rencontre musicale en une phrase : « Natasha me fait beaucoup ralentir. » « Puis lui me fait beaucoup accélérer », a aussitôt ajouté la chanteuse.

Leurs différences s’entendent dans leur façon d’aborder une chanson. Al Sam arrive avec un rythme plus soutenu, parfois teinté de funk ou même de rap. Natasha Liard apporte un univers plus folk et mélancolique, ainsi que les mélodies et les harmonies. Lorsqu’ils assemblent leurs idées, leurs styles les entraînent vers des ballades qui ne ressemblent tout à fait ni à l’un ni à l’autre.

Ce spectacle revêtait une signification particulière pour Natasha Liard. Natasha Liard habite à Gatineau depuis 18 ans, mais sa famille vit toujours dans la région. Depuis environ quatre ans, elle s’efforce de revenir chaque année au Musée de la gare pour donner un spectacle tout en profitant de son passage pour retrouver les siens.

Sa première prestation au musée a eu lieu à l’automne, dans une ambiance intime, à la lueur des chandelles. Les suivantes ont été présentées sur la petite scène extérieure située derrière le bâtiment. L’année précédente, elle est montée sur scène avec un percussionniste. Cette fois, elle a foulé les planches avec celui qui partage sa vie.

Là où la musique a commencé

Natasha Liard a appris à chanter au sein de sa famille, et ce, bien avant de rencontrer Al Sam. Alors qu’elle n’avait que trois ou quatre ans, une tante lui faisait répéter des vocalises.

Quelques années plus tard, une autre tante a pris le relais. Natasha Liard avait alors 11 ans et passait ses étés au chalet, une expérience qu’elle associe aujourd’hui à « la vraie vie au Témiscamingue ». Comme toute la famille savait qu’elle chantait, sa tante a voulu l’encourager à apprendre un instrument. Elle lui a donc montré la guitare, puis l’a poussée à développer sa voix.

À l’adolescence, Natasha Liard a commencé à écrire ses propres chansons. Son parcours a toutefois été marqué par de nombreuses pauses. Après son départ pour le cégep en Outaouais, elle a rencontré des musiciens et donné des spectacles. Elle est ensuite devenue mère et a délaissé la musique pendant plusieurs années.

Il y a environ quatre ans, elle a repris l’écriture plus sérieusement et retrouvé le milieu musical de l’Outaouais. Ce retour l’a menée jusqu’à Al Sam. Les deux artistes se sont rencontrés lors d’une soirée à micro ouvert. Leur relation, d’abord amicale, est devenue amoureuse. La collaboration musicale, quant à elle, est venue plus tard.

Rares ensemble sur scène

Même s’ils forment un couple et habitent ensemble, les deux artistes jouent rarement en duo. Chacun a conservé ses propres projets et se produit de son côté dans des événements, des bars ou des mariages. « Quand les gens nous voient jouer ensemble, ils ont souvent l’impression qu’on fait toujours ça. Mais, pour nous, c’est plus rare », avait expliqué Al Sam.

Leur quotidien les aide tout de même à connaître le répertoire de l’autre. À la maison, lorsque l’un répète une chanson, l’autre l’entend. Cette présence devient presque une répétition en soi et leur permet de se rejoindre sur scène même lorsque le temps leur a manqué pour pratiquer ensemble.

Leur manière d’écrire respecte également leur besoin de conserver un espace personnel. Plutôt que de s’asseoir devant une page blanche à deux, chacun prépare un texte, une mélodie ou une idée de son côté. Ils se retrouvent ensuite pour travailler les morceaux et les réunir.

De cette méthode est née Together, leur première chanson commune diffusée sur les plateformes musicales. Le couple a aussi enregistré quatre autres pièces en formule vidéo à Barrie, en Ontario.

Le projet doit toutefois avancer sans prendre toute la place. Travailler en couple leur a demandé une période d’adaptation. Natasha Liard se décrit comme intense dans sa manière de préparer les choses, alors qu’Al Sam se dit plus détendu. La même opposition qui nourrit leur musique peut parfois compliquer les répétitions. Ils ont donc établi une limite claire. « Notre relation amoureuse passe avant notre projet de musique », avait affirmé Natasha Liard.

Lorsque la fatigue ou le manque de temps rendent une répétition difficile, la réussite du prochain spectacle ne doit pas se faire au détriment de leur couple. Ils veulent poursuivre, écrire davantage et préparer un album, mais en respectant le rythme de chacun.

Au Musée de la gare, Natasha Liard est ainsi revenue dans la région où sa famille l’a autrefois encouragée à chanter plus fort. Cette fois, elle a partagé la scène avec Al Sam, dans l’un de ces rares moments où leur vie de couple et leurs parcours musicaux se sont unis.

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