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Société

Les Petits rayons de Mégan sèment l’espoir partout en région

Par : Claudie Hamelin | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Depuis quelque temps, de petits sachets appelés les Petits rayons de Mégan voyagent aux quatre coins de l’Abitibi-Témiscamingue. À l’intérieur de ceux-ci se cache un petit animal en résine accompagné d’une pensée remplie de douceur.

Stéphanie qui dépose des sachets des rayons de Mégan
Stéphanie qui dépose des sachets des rayons de Mégan
Stéphanie Bruneau

Derrière cette initiative se trouve Stéphanie Bruneau, originaire de Rémigny et citoyenne de Rouyn-Noranda, dont la fille Mégan Leduc est décédée par suicide le 1er janvier 2026 à l’âge de 16 ans.

Après le décès de son adolescente, Stéphanie a cherché une façon de continuer à faire vivre la mémoire de Mégan, tout en avançant dans son propre deuil. L’idée des Petits rayons de Mégan est ensuite née après que Stéphanie a elle-même découvert une petite tortue en résine accompagnée d’une pensée sur la prévention du suicide. « J’ai trouvé une petite tortue que je traîne partout avec moi. Le message m’a fait sourire alors que j’avais une mauvaise journée. J’ai donc eu l’idée d’en fabriquer moi-même. »

C’est ainsi qu’en juillet dernier sont nés les Petits rayons de Mégan. Stéphanie travaillait alors sur son logo, choisissait les pensées et effectuait les achats nécessaires. La production a commencé au début du mois d’août. « Je ne veux pas qu’on l’oublie. Je suis certaine que Mégan aurait aimé trouver un petit animal avec une pensée et en distribuer elle-même, juste pour faire sourire les gens. Chaque message est choisi avec soin et l’animal est choisi au hasard, comme un tirage. Pendant que je confectionne et distribue chaque petit rayon, ça me fait penser à ma fille de façon positive. Elle continue de faire du bien aux gens », raconte-t-elle.

Depuis le début de l’initiative, les Petits rayons de Mégan ont voyagé dans de nombreuses municipalités, notamment Rouyn-Noranda, Ville-Marie, Témiscaming, Notre-Dame-du-Nord, Angliers, Béarn, Laverlochère, Moffet, Senneterre, Macamic, Poularies, Authier et Saint-Félix-de-Dalquier.

Stéphanie souhaite d’ailleurs poursuivre son parcours durant les prochaines semaines afin que son initiative atteigne davantage de municipalités de l’Abitibi-Témiscamingue. Environ 500 sachets ont déjà été distribués depuis le lancement du projet. Pour la maman, c’est également une façon de faire connaître sa fille et de continuer à transmettre les valeurs qui animaient cette dernière. Mégan était bienveillante envers les autres, cherchait toujours à faire plaisir, était sensible, généreuse et profondément aimée.

« Même si elle vivait de l’intimidation pendant son parcours scolaire, Mégan était toujours là pour les autres… au point de s’oublier elle-même. Je l’ai déjà surprise à écrire à une jeune fille qu’elle ne connaissait pas et qui se faisait intimider sur les réseaux sociaux. Elle lui disait qu’elle était là si elle voulait lui parler. J’étais fière d’elle ! Elle avait de bonnes valeurs. Je l’appelais souvent “Mégan la sauveuse”. Ma fille était gentille et attentionnée avec les gens qui la respectaient », explique Stéphanie.

Au fil des semaines, Stéphanie a reçu des témoignages de personnes qui ont découvert l’un de ses petits sachets. Tous ont des histoires différentes, mais confient que le message est arrivé au bon moment dans leur vie. « Chaque histoire est unique et me touche droit au cœur. Je me dis que je ne fais pas ça pour rien. Je me dis que c’est Mégan qui “attire” les gens qui en ont besoin. Celui ou celle qui le découvre peut le garder aussi longtemps qu’il le souhaite ou, lorsqu’il en ressentira l’envie, le transmettre à son tour à quelqu’un d’autre », confie-t-elle.

Les Petits rayons de Mégan sont déposés dans différents lieux, notamment dans des parcs, près des écoles, dans des jardins communautaires ou encore à certains endroits près des trottoirs.

Au départ, la mère de famille souhaitait surtout rejoindre les adolescents. Avec le temps, elle a toutefois réalisé que ces messages pouvaient faire du bien à des personnes de tous les âges. « J’ai repensé au plaisir que j’ai eu lorsque j’ai trouvé le mien et j’ai tout de suite pensé aux personnes âgées et à tout le monde. Même si on va bien, ça fait toujours plaisir d’avoir un petit message positif. Ça fait sourire », explique Mme Bruneau.

Ainsi, de sachet en sachet, la mémoire de Mégan continue de voyager, portée par de petits gestes faits avec amour. « J’aimerais que ça fasse réfléchir les gens, que ça les fasse sourire et qu’ils soient bienveillants à leur tour avec les autres. On ne sait pas toujours si quelqu’un va vraiment bien. On juge facilement et on ne réalise pas toujours que nos gestes ou nos paroles, que ce soit en personne ou à l’écrit, peuvent blesser les autres. Après la perte d’un enfant, on réalise à quel point la vie est fragile.

J’aimerais continuer de partager les Petits rayons de Mégan aussi longtemps que je serai capable. Si je peux sauver une personne ou faire sourire quelqu’un, j’aurai l’impression d’avoir réussi ma mission… celle d’être aussi bienveillante que ma fille. »

Si vous vivez de la détresse ou avez besoin de parler, du soutien est disponible en tout temps.

Ligne régionale en prévention du suicide : Par téléphone : 1 866 277-3553 Par texto : 535 353 et Suicide.ca

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