Évolution de la chasse : trois générations, une même passion
Par : Daisy-Anne Gagné
Jérémie Dion, Marc-André Fournier et Mario Fournier, issus d’une famille reconstituée, sont tous chasseurs de gros ou de petit gibier. Mario, 63 ans, père de Marc-André, 38 ans, et beau-père de Jérémie, 25 ans, a vu le sport évoluer et les techniques changer au fil des années.
Le sexagénaire, paramédic de formation, s’est intéressé à la chasse dès l’adolescence. Il a suivi une formation de deux jours, en classe, pour apprendre à manier son arme de manière sécuritaire et à l’entretenir. Toujours amateur de chasse à l’orignal, il a toutefois dû changer quelques aspects de sa pratique : « C’est sûr, il y a 50 ans, on n’avait pas les mêmes outils pour attirer les animaux. À l’époque, on avait besoin d’un permis par gibier et aujourd’hui, il faut deux permis par gibier », explique M. Fournier.
En matière d’armes, quelques fusils plus puissants sont apparus au fil du temps. Maintenant, les chasseurs utilisent des calibres 7 mm ou le 300 Winchester Magnum, tandis qu’auparavant, les carabines .303 et les .30 — 06 avaient davantage la cote. Avec des cartouches aussi puissantes, les chasseurs peuvent désormais tirer sur le gibier à de très longues distances.
Le père de famille chasse de tout, du petit gibier comme des orignaux, des chevreuils et des ours. Il a d’ailleurs transmis sa passion pour ce sport à son fils, Marc-André, conseiller-vendeur dans une boutique de chasse et pêche. En effet, le trentenaire a suivi son cours de chasse à l’âge de 18 ans. Sur place, durant une fin de semaine, des enseignants apprenaient aux élèves à manipuler les armes à feu.
Avec son expérience dans le domaine, Marc-André Fournier sait exactement comment préparer son séjour en forêt. D’abord, il nettoie ses vêtements avec du savon sans fragrance et il les fait sécher à l’extérieur pour s’assurer qu’ils soient inodores. Ensuite, il prépare les repas avant de partir, puis il installe les blocs de sel et de minéraux, et il doit aller répandre des phéromones sur le territoire pour attirer les orignaux. D’ailleurs, il se dit fier d’avoir partagé ses connaissances avec son père, Mario : « Je pense que je lui ai montré à bien préparer nos sites de salines et de minéraux. Il m’appelle souvent pour ça. Aussi, quand il va au chevreuil, il me demande quelle urine utiliser et comment l’utiliser. », indique-t-il.

Marc-André Fournier et Mario Fournier avec leur prise (Photo : Gracieuseté de Mario Fournier)
En plus de toute l’organisation, le téléphone cellulaire s’avère un atout précieux. À l’aide de certaines applications, Marc-André Fournier enregistre les points GPS importants où ses salines sont installées et où il a observé des traces de gibier. En outre, l’outil lui fournit des suggestions stratégiques, comme les secteurs à surveiller et les endroits où installer ses minéraux. Lorsqu’il souhaite découvrir un nouveau secteur de son territoire de chasse, le chasseur se tourne vers son téléphone.
L’apprentissage de Jérémie Dion, technicien en système de sécurité, s’est déroulé un peu différemment : il a appris à tirer à l’arc bien avant d’effectuer une formation d’arme à feu. Après avoir a suivi son premier cours a été suivi en ligne, il a dû se déplacer en classe et participer à une formation sur le Web pour s’initier au maniement des carabines : « C’est le fun d’un côté, c’est facile d’accès pour monsieur et madame tout le monde, mais d’un autre côté, je trouve que ça n’a pas assez de restrictions et de sensibilisation. Pour une personne qui n’a pas d’expérience, il ne sait peut-être par que la flèche, à une certaine distance, n’a pas la même force d’impact », relève-t-il, en ajoutant qu’un gibier ne devrait pas être abattu, à l’arc, à plus de 40 mètres.
Habitué à chasser le petit gibier, M. Dion s’est récemment initié à la chasse à l’ours. Il continue de s’instruire sur le sujet, grâce à son beau-père, à l’un de ses amis et à l’intelligence artificielle : « Ça nous permet de faire des recherches rapidement. C’est sûr qu’il faut en prendre et en laisser comme toute bonne chose. Ça nous permet d’apprendre beaucoup sur le sujet. », assure-t-il, en concluant