Élections provinciales 2026 : les engagements de PSPP sur la qualité de l’air ne convainquent pas Mères au front
Par : Ricardo Junior Emmanuel
Les propositions de Paul St-Pierre Plamondon visant à améliorer la surveillance de la qualité de l’air à Rouyn-Noranda n’ont pas rassuré l’organisme Mères au front. Sa porte-parole, Jennifer Ricard-Turcotte, estime que le débat ne porte plus sur le manque d’information, mais sur la nécessité d’imposer à la Fonderie Horne le respect des normes environnementales québécoises.
À l’occasion de sa visite dans la ville, le chef du Parti québécois a indiqué qu’un éventuel gouvernement péquiste travaillerait à améliorer les mécanismes de mesure des contaminants présents dans l’air et à assurer une plus grande transparence auprès de la population. Il a notamment affirmé vouloir obtenir des données plus précises sur les substances présentes lors des épisodes de mauvaises odeurs rapportés récemment par des citoyens.
Bien qu’elle accueille favorablement cette proposition, Jennifer Ricard-Turcotte juge qu’elle ne répond pas au fond du problème. « Les risques à la santé sont assez documentés pour qu’on force cette industrie-là, pour qu’on force la multinationale à rencontrer les normes pour respecter la santé de la population », a-t-elle affirmé lors d’un entretien accordé après la mêlée de presse.
La porte-parole reconnaît qu’une surveillance continue de la qualité de l’air permettrait d’obtenir un portrait plus complet de la situation. Selon elle, le système actuel comporte plusieurs limites puisque les mesures ne sont pas effectuées en continu et que certaines données ne sont parfois pas disponibles en raison de problèmes techniques. Toutefois, elle soutient que les connaissances scientifiques actuelles sont amplement suffisantes pour justifier des interventions plus fermes. « On sait assez de choses en ce moment. Les risques à la santé sont assez documentés », insiste-t-elle.

Une critique de la position du PQ
L’organisme demeure particulièrement critique envers certaines déclarations passées de Paul St-Pierre Plamondon concernant la capacité de la Fonderie Horne à atteindre rapidement les normes québécoises. Selon Jennifer Ricard-Turcotte, un futur gouvernement péquiste devrait chercher à corriger ce qu’elle considère comme une erreur commise par le gouvernement de la CAQ lorsqu’il a prolongé jusqu’en 2030 les conditions d’exploitation accordées à l’entreprise. « Nous, on s’attendrait à ce qu’il y ait réparation de la part du PQ s’il est porté au pouvoir », affirme-t-elle.
Elle estime que les droits à la santé, à la sécurité et à un environnement sain, devraient avoir préséance sur les considérations économiques.
La porte-parole de Mères au front a également soulevé des questions concernant la candidate péquiste dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, Diane Dallaire. Elle rappelle que lorsque cette dernière était mairesse de Rouyn-Noranda, la Ville avait adopté une position réclamant l’atteinte de la norme québécoise de trois nanogrammes d’arsenic par mètre cube d’air dans le cadre des consultations publiques de 2022.
« Je pense que les citoyens auraient tous lieu de se demander si Diane Dallaire est à même d’influencer son chef », soutient Jennifer Ricard-Turcotte. Elle estime que les propos récents du chef péquiste semblent en contradiction avec les positions défendues auparavant par l’ancienne mairesse.

« La priorité doit désormais être l’application des normes québécoises plutôt que l’ajout de nouvelles études ou de nouveaux délais », déclare Jennifer Ricard-Turcotte. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
« Une zone sacrifiée »
Pour la représentante de l’organisme, le dossier de la pollution industrielle à Rouyn-Noranda s’étire depuis trop longtemps.
Elle rappelle que la fonderie bénéficie depuis des décennies de délais afin de réduire ses émissions et estime que les gouvernements successifs ont permis à l’entreprise de continuer à dépasser les normes environnementales. « Ici à Rouyn-Noranda, on sent qu’on est dans une zone qui a été sacrifiée par le gouvernement », conclut-elle.