Élections Québec : une chute vertigineuse pour la CAQ dans la région
Par : Ricardo Junior Emmanuel
Au terme d’une campagne électorale de 39 jours menée à travers le Québec, les électeurs de l’Abitibi-Témiscamingue ont rendu leur verdict : la région, jusque-là acquise à la CAQ, a basculé dans le camp du Parti québécois.
Dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, c’est l’ancienne mairesse de Rouyn-Noranda Diane Dallaire qui a eu le dessus face aux autres candidates. « Je suis vraiment heureuse et reconnaissante de la confiance qui m’est accordée. Je serai, bien sûr, la députée de tous ceux et celles qui habitent dans Rouyn-Noranda–Témiscamingue, peu importe leur allégeance », déclare-t-elle.
La nouvelle élue s’est également réjouie de voir l’ensemble de l’équipe régionale du Parti québécois accéder à l’Assemblée nationale. « C’est toute une équipe régionale de l’Abitibi-Témiscamingue qui pourra porter haut et fort les dossiers de notre région au Parlement. C’est gagnant et j’en suis vraiment heureuse », a-t-elle souligné.
Avec ce qui dessine, les citoyens souhaitaient clairement du changement. Pour Diane Dallaire, le Parti québécois répondait à leurs attentes. « On va continuer de travailler en ce sens-là », insiste-t-elle.
Déjà familière avec plusieurs acteurs du milieu municipal, notamment l’actuel maire de Rouyn-Noranda, Gilles Chapadeau, et l’ancien maire d’Amos, Sébastien D’Astous, Mme Dallaire estime pouvoir rapidement établir une collaboration avec l’équipe régionale. Elle rappelle avoir déjà travaillé avec M. D’Astous à la Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue et souligne leur connaissance commune du milieu municipal et de ses enjeux.
Parmi les dossiers qui attendent, la nouvelle députée évoque l’itinérance, la situation de la Fonderie Horne ainsi que la fermeture de Ryan à Témiscaming. Diane Dallaire affirme vouloir faire de ce dernier enjeu une priorité. « Je serai aux premières loges pour mettre sur pied un comité chargé de discuter des possibilités de relance et des enjeux qui y sont liés. J’en fais la promesse », a-t-elle déclaré.
Quant au rôle qu’elle souhaite jouer au sein du prochain gouvernement, Diane Dallaire entend mettre à profit son expérience de femme d’affaires. Elle souligne avoir consacré l’essentiel de sa carrière au secteur de l’assurance, en plus d’être toujours engagée dans le milieu des affaires aux côtés de son conjoint.
Forte également de 12 années d’expérience dans le monde municipal, elle souhaite apporter cette double perspective à ses nouvelles fonctions.
Abitibi-Ouest
Le candidat du Parti québécois Sébastien D’Astous a remporté la circonscription d’Abitibi-Ouest lors des élections provinciales du 5 octobre. Visiblement ému au moment de constater sa victoire, il a rapidement tourné ses pensées vers sa famille, son équipe et les électeurs qui lui ont accordé leur confiance.
Lorsque sa victoire s’est confirmée, Sébastien D’Astous a d’abord pensé à son fils, récemment parti à Québec pour le cégep. « J’ai pensé à mon garçon qui est à Québec, qui vient de partir pour le cégep. J’ai pensé à mon équipe, mes proches. J’ai pensé à tout le monde qui a voté pour moi, qui ai décidé d’aller faire un X à côté de mon nom », a-t-il raconté.
Le nouveau député assure vouloir maintenant transformer cette confiance en travail sur le terrain. « Je vais me lever tous les matins pour les représenter le mieux possible, avec tout ce qu’on a pu me dire durant la campagne. C’est un moment magique, présentement. »
Cette victoire marque aussi pour lui un changement important après plusieurs années consacrées à la politique municipale. Avant de se lancer sur la scène provinciale, Sébastien D’Astous était notamment maire d’Amos et préfet de la MRC d’Abitibi.
Abitibi-Est
La lutte s’est avérée serrée dans la circonscription d’Abitibi-Est. Au début du décompte des votes, le Parti libéral du Québec (PLQ) et le PQ s’arrachaient la première position. Un peu plus d’une heure après, la salle de la Microbrasserie célébrait la victoire de M. Tremblay. Ému, le nouvel élu a fait le tour de la place pour serrer les mains de ses bénévoles et de ses partisans. « C’est une très, très grande fierté. J’ai beaucoup de gratitude envers mon équipe de gens qui ont travaillé fort. Beaucoup de gratitude envers les électeurs qui ont pris le temps de mettre un X à côté de mon nom. C’est un très grand privilège de voter, mais ce l’est encore plus d’être choisi par nos électeurs », souligne-t-il.
Désormais, il s’agit d’un nouveau chapitre qui s’ouvre face au député. Selon lui, dès demain, « le travail commence » après une campagne assez positive pour son parti. En effet, il s’est assuré de parcourir la circonscription pour écouter les préoccupations des citoyens tout en étant très présent sur le terrain, lors des événements récents. « Ç’a fini par être payant. Aujourd’hui, c’est ça qui arrive, c’est payant », affirme M. Tremblay. Par ailleurs, le premier dossier sur lequel les élus péquistes travailleront est celui de l’itinérance. Comme mentionné par le chef de la formation souverainiste, Pierre St-Paul Plamondon, cette problématique doit être rapidement prise en charge. En terminant, le nouveau député s’engage auprès de la population de la région : « on est un parti qui dit ce qu’il fait et qui fait ce qu’il dit, donc c’est ce qu’on va faire. »
Ungava
Sonia Caron du PQ remporte la circonscription d’Ungava avec 42% du vote. La vague péquiste a également déferlé sur le nord du Québec avec un gain assez franc de la candidate péquiste Sonia Caron. Elle a devancé Sandrine Rioux du Parti Libéral par plus de 1000 votes. Marc Damant du parti Conservateur termine troisième suivi par Amélie Béchard de la CAQ et Antoine Côté de Québec Solidaire.