Romin, l’aventure d’une petite équipe
Par : Joanie Dion
Un film d’aventure québécois autofinancé, tourné au Québec et aux Bahamas, avec une équipe de trois personnes à la technique, dont deux qui jouent eux-mêmes dans le film : voilà en quelques mots comment Romin s’est construit. Projeté au cinéma de Val-d’Or le 7 octobre et de Rouyn-Noranda le 8 octobre, et à Amos en septembre dernier, le film a pris quatre ans de travail avant de pouvoir être présenté sur grand écran.
« Au Québec, c’est très difficile de percer dans le domaine du cinéma. Donc, il n’y avait pas de subvention », raconte Maée Bouchard, deuxième assistante réalisatrice sur la portion réalisée au Québec et originaire d’Amos. De cette manière, les deux réalisateurs-acteurs, Anthony Dionne et Jasson Charron, qui souhaitaient jouer dans leur propre film, ont pris la décision d’autofinancer leur film, pour une somme d’environ 250 000 $.
Le défi majeur a été de produire un film de qualité professionnelle avec des moyens limités, tout en gérant les cascades et les combats réalisés par les acteurs eux-mêmes. « En fait, c’est que c’est Romin, le personnage principal, tombe sur un artefact maudit. Et, il doit le retourner aux Bahamas. Donc, les jeunes partent en quête, et il leur arrive plein d’affaires », résume Mme Bouchard.
Filmer dans une grotte aux Bahamas faisait partie du plan des réalisateurs. « Ils ont voulu faire ça grandiose. Oui, on voulait voir le Québec, mais ils voulaient amener une touche encore plus de film d’aventure, d’action exotique. […] Il y a une grotte, il y a la plage, en bateau. On voit vraiment bien le paysage des Bahamas dans le film. »

« Ils voulaient amener une touche encore plus de film d’aventure, d’action exotique », explique Maée Bouchard. (Photo : Gracieuseté)
Malgré ces restrictions budgétaires et logistiques, l’équipe a réussi à trouver des têtes d’affiche québécoises, dont Emmanuel Auger et Paul Doucet, entre autres. « Je pense que le plus gros défi, ça a été de réaliser un film professionnel qui a finalement réussi à être distribué partout à travers le Québec, avec un petit budget et une petite équipe.
La distribution du film a toutefois constitué une autre étape importante pour l’équipe. Après avoir produit le long métrage de façon indépendante, les réalisateurs ont dû trouver eux-mêmes un distributeur afin de permettre à leur création de prendre l’affiche. « Ils ont [fonctionné] un petit peu à l’envers. Ils ont fait le film de A à Z, ils l’ont produit et tout ça. Après, ils sont allés cogner à la porte de distributeurs. Il fallait qu’ils trouvent quelqu’un pour les distribuer. Sinon, le film n’allait pas être au cinéma », explique Mme Bouchard.
C’est finalement Filmoption International, une compagnie montréalaise, qui a accepté de prendre le film sous son aile. Cette étape n’a toutefois pas été acquise d’avance. « Je pense que jusqu’à la fin, ils n’ont pas été convaincus. On a mis les images, elles sont belles. Maintenant, il faut cogner à la porte et voir quel distributeur va vouloir embarquer dans cette aventure-là », raconte-t-elle.
Le projet aura finalement nécessité quatre années de travail, de la création du scénario à sa sortie en salle. Le tournage, lui, s’est déroulé sur environ 60 jours, soit une trentaine de jours au Québec et une autre trentaine aux Bahamas. L’équipe devait notamment composer avec les horaires des comédiens, qui avaient pour la plupart d’autres obligations professionnelles. « C’est quand même un projet de longue haleine de quatre ans », souligne Mme Bouchard.

L’affiche officielle du film (Photo : Gracieuseté)
Pour elle et son conjoint, Thibault Duler, qui faisait partie de l’équipe technique, la présentation du film en Abitibi-Témiscamingue revêt une importance particulière. Elle est originaire de la région, tandis que M. Duler a notamment étudié à l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), à Rouyn-Noranda, avant de poursuivre sa carrière à Montréal. « Il faut mettre de l’avant des projets comme ça avec des gens de la région », estime-t-elle.
L’équipe a d’ailleurs travaillé pour que le film soit présenté à Amos, puis à Val-d’Or et à Rouyn-Noranda. La diffusion en région permet ainsi aux artisans du film de retrouver une partie de leur communauté et, dans le cas de M. Duller, d’anciens professeurs et collègues.
À Rouyn-Noranda, l’équipe était présente lors de la projection du 8 octobre afin de rencontrer les spectateurs et de répondre à leurs questions. D’autres représentations sont également prévues durant la fin de semaine.
Pour ces artisans, l’objectif premier est désormais atteint : après quatre ans de travail et un parcours entièrement indépendant, Romin est finalement arrivé là où ses créateurs souhaitaient le voir depuis le début, soit sur grand écran.