Un nouveau projet porté par le Regroupement de femmes de l’A-T
Par : Ricardo Junior Emmanuel
Le Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue (RFAT) a lancé officiellement le livre intitulé Femmes en tête : Vers l’avenir, le 8 octobre à la salle du foyer au petit théâtre du Vieux Noranda avec la présence de plusieurs contributrices, dont Karine Hébert qui a réalisé les œuvres de ce recueil.
« Dans le fond, le regroupement a voulu mettre en lumière les réalités des femmes de la communauté de l’Abitibi-Témiscamingue et aussi pour donner suite à l’ouvrage Comme un vol d’outardes… vers l’an 2000 publié en 1991 », explique Johannie Marleau Houle, coordonnatrice du RFAT.
Ce projet de mémoire est porté par les voix de 25 contributrices sous 11 thématiques spécifiques à la condition des femmes d’ici sous la coordination de Myriam Morissette. Politique et lieux décisionnels, arts et culture, réalités des femmes aînées et autochtones, violences et justices, agricultures, environnements, accès au travail, santé, jeunesse et formation féministes, solidarité et reconnaissance de l’œuvre des femmes figurent parmi les sujets explorés.
L’objectif est à la fois de dresser un état de la situation des femmes dans différents domaines et de mesurer le chemin parcouru depuis l’ouvrage publié en 1991. Si des avancées sont observées, notamment par une présence accrue des femmes dans les lieux décisionnels, plusieurs enjeux liés aux droits et aux conditions de vie demeurent d’actualité. À travers cet ouvrage, le Regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue propose un regard, une réflexion unique et plurielle sur la condition des femmes de la région.
« Ces témoignages permettent de réaliser une revue actuelle des enjeux liés à des thématiques spécifiques, colliger les avancées ainsi que les gains obtenus grâce aux luttes menées. Il met en lumière les enjeux présents et futurs et les actions à poursuivre », mentionne Mme Houle.

Johannie Marleau-Houle, coordonnatrice du RFAT, lors de la soirée du lancement. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Avec ce projet, le RFAT espère que les gens sont informés de l’état de situation des femmes. « Nous, ça nous donne les motivations à poursuivre le travail en termes de reconnaissance des droits des femmes. Ça vient nous confirmer que les enjeux qu’on porte actuellement demeurent et qui sont encore pertinents en 2026, qu’on doit poursuivre le travail dans ce sens-là pour assurer la pleine contribution des femmes, autant de la région que de notre société en général », précise Mme Houle.
Un témoignage pour « foncer dans la vie »
Jacqueline Rouleau, mairesse de la Paroisse de Senneterre, livre dans l’ouvrage une part de son parcours qu’elle avait jusque-là gardée pour elle. D’abord hésitante à participer au projet, elle estime avoir peu à raconter et a finalement choisi d’aborder des expériences difficiles vécues dans sa jeunesse. Pour elle, le fait d’écrire et de partager cette histoire permet notamment de montrer qu’il est possible de « remonter la pente ». Son témoignage porte ainsi un message de persévérance et invite à « foncer dans la vie », à parler et à cesser de se culpabiliser.

Jacline Rouleau, mairesse de la Paroisse de Senneterre, l’une des contributrices dans ce projet. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Elle évoque également son parcours en politique ainsi que l’importance de poursuivre les efforts en matière de parité. Aujourd’hui, rendre publique cette partie de son histoire représente aussi une forme de libération. « En en parlant aujourd’hui, ça fait du bien », confie-t-elle.
Au-delà des textes et des témoignages, l’ouvrage repose également sur une démarche artistique développée par Karine Hébert, artiste interdisciplinaire qui a réalisé l’ensemble des images du livre. Son travail consistait à trouver des représentations visuelles capables d’accompagner les différentes thématiques abordées par les contributrices, en collaboration avec la graphiste Lucie Baillargeon.

Karine Hébert, conceptrice des œuvres visuelles. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)
Pour construire cet univers, Karine Hébert est repartie d’une photographie prise plusieurs années auparavant montrant une étudiante sur un imposant bloc de glace. Cette image est devenue le point de départ de ses créations, qu’elle a ensuite transformées par la répétition et la superposition d’autres images afin de leur donner des significations différentes selon les thèmes abordés.
Elle souligne surtout la grande liberté de création dont elle a bénéficié et dit se sentir « très privilégiée » et reconnaissante d’avoir pris part au projet.
« Sororité »
C’est ce mot qui résume tout le travail accompli par le RFAT. « Ensemble, on est plus forte, ensemble, on va plus loin et c’est ça », conclut la coordonnatrice.
Deux cents copies papier ont été imprimées et mises en circulation. Parallèlement, une mise à jour de certaines données et une version numérique du livre va être disponible dès la semaine sur le site web du regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue.
Rappelons que le regroupement de femmes de l’Abitibi-Témiscamingue est un organisme féministe de concertation et d’action qui a pour mission de défendre les droits des femmes et d’agir sur les enjeux en condition féminine dans une perspective d’égalité.

Près d’une cinquantaine de personnes ont assisté au lancement du livre au Petit-Théâtre du Vieux Noranda. (Crédit Photo : Le Citoyen — Ricardo Jr Emmanuel)