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Santé

Un éventuel programme de médecine familiale ancré en Abitibi-Témiscamingue

Par : Daisy-Anne Gagné

Alexandre Cloutier, président de l’Université du Québec (UQ), Raymond Lalande, médecin de famille et doyen mandaté pour le programme de médecine à l’UQ, et Vincent Rousson, recteur de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) ont pris part, le 14 octobre dernier, au dîner-conférence de la Chambre de commerce de Val-d’Or. Ils ont annoncé une initiative misant sur le recrutement de proximité et la formation médicale en région.

Un éventuel programme de médecine familiale ancré en Abitibi-Témiscamingue
Le dîner-conférence accueillait les participants derrière les portes de l’Hôtel Forestel.
(Photo : Le Citoyen - Daisy-Anne Gagné)

Le système de santé actuel présente actuellement des lacunes partout au Québec. En Abitibi-Témiscamingue, quelques hôpitaux ont subi des bris de service dans les derniers mois, et ce, sans parler du manque de spécialistes de proximité. Au printemps 2026, la région n’a accueilli qu’un seul candidat sur les quatorze postes de résidence en médecine familiale à combler. Durant la conférence, les trois hommes se sont partagé la scène pour annoncer et expliquer un programme destiné à aider les réalités et les enjeux témiscabitibiens en santé.

La première différence entre une faculté de médecine classique et ce qu’ils proposent est la co-construction du programme avec les communautés. Alors, les professionnels de la santé, les organismes communautaires et les Premières Nations seraient consultés. De plus, la formation clinique débuterait dès le jour 1 et se terminerait à la toute fin du programme, contrairement aux universités qui séparent les cours précliniques et cliniques en deux blocs : « L’exposition longitudinale à la médecine de famille, ce n’est pas un mois ou deux mois de stages, c’est quatre ans de stages », explique le docteur Lalande. Finalement, les étudiants qui choisiront cette nouvelle méthode d’apprentissage seront originaires de la région. Le but étant qu’elles y habitent toujours après leurs études.

Un éventuel programme de médecine familiale ancré en Abitibi-Témiscamingue

Selon M. Cloutier, président de l’UQ, le programme proposé améliorera grandement le taux de rétention de la région. (Photo : Le Citoyen - Daisy-Anne Gagné)

En effet, l’orientation du programme vise à former des médecins de famille qui pratiqueront en Abitibi-Témiscamingue. L’UQAT a d’ailleurs compilé des statistiques qui démontrent qu’entre 80 % et 90 % des étudiants formés dans la région y restent souvent : « Venir d’ici, être formé ici, ça change tout ! », s’exclame M. Cloutier, suivi par M. Rousson : « Dans le monde de la santé, les travailleurs sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue sont essentiellement formés ici. Les psychoéducateurs, on a un taux de placement de 100 % […] l’idée mise sur la table est de former les gens ici pour qu’ils puissent rester ici par la suite ».

En pourvoyant les postes vacants et en maximisant les forces de premières lignes dans les hôpitaux, l’initiative proposée par l’UQ et l’UQAT impactera positivement le système de santé en région : « On vient directement répondre à la priorité des Québécois, qui est l’accès à la première ligne […] Ils auront plus de médecins pour soigner plus de gens », assure M. Cloutier.

Dans les prochaines semaines, le projet sera déposé auprès du Gouvernement du Québec, afin d’obtenir du financement. Les étapes suivantes seront l’accréditation et l’agrément : « Vous savez, au Canada, tous les programmes de médecine sont agréés par un organisme national qui en garantit la qualité. Il devra passer par les mêmes exigences d’agrément que tous les autres programmes de médecine », indique Dr Lalande, en terminant. Le processus prendra du temps, mais l’objectif de l’UQ et de l’UQAT est que le programme soit accessible dès 2031.

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