Vaccination : les rendez-vous commencent déjà à se remplir
Par : Ricardo Junior Emmanuel
La campagne de vaccination contre les virus respiratoires débutera le 20 octobre en Abitibi-Témiscamingue. Alors que 21 pharmacies de la région y participeront, l’intérêt se fait déjà sentir chez les citoyens et certaines plages de rendez-vous commencent à se remplir.
Les rendez-vous peuvent être pris depuis le 13 octobre en prévision du lancement de la campagne. À Val-d’Or, la pharmacienne propriétaire Marie-Pierre Breton constate déjà un engouement. « Aussitôt que les plages horaires ouvrent pour la première journée, aussitôt que c’est officiel qu’on peut commencer à prendre rendez-vous, on voit quand même un engouement. On reçoit beaucoup d’appels », explique-t-elle.
La campagne concerne la vaccination contre la grippe et la COVID-19, mais comporte également une nouveauté cette année : le vaccin contre le virus respiratoire syncytial (VRS) est offert gratuitement aux personnes de 75 ans et plus.
Selon Marie-Pierre Breton, les principaux changements cette année concernent les critères permettant d’obtenir gratuitement certains vaccins. La campagne cible particulièrement des personnes considérées comme plus vulnérables. La pharmacienne cite notamment les personnes de 75 ans et plus ainsi que certaines personnes atteintes de maladies chroniques, dont des troubles pulmonaires ou cardiaques, le diabète ou l’asthme. Elle mentionne également, parmi les différentes catégories, les femmes enceintes à partir de la 13e semaine, certains travailleurs de la santé et les personnes vivant dans des communautés éloignées.
Les critères pouvant différer selon le vaccin, elle recommande aux citoyens de vérifier leur admissibilité. La démarche peut notamment être effectuée sur Clic Santé. Des questions permettent alors à l’utilisateur de déterminer son admissibilité à la gratuité. Les citoyens qui ont de la difficulté avec la prise de rendez-vous en ligne peuvent également communiquer directement avec leur pharmacie. « En région, si on a un avantage, on est quand même, je pense, des pharmacies qui aiment ça être proches de la clientèle », souligne Mme Breton, ajoutant que les équipes peuvent accompagner les personnes dans leur prise de rendez-vous.
L’approvisionnement demeure à surveiller
Avec les premières plages qui se remplissent, les pharmacies doivent également composer avec la disponibilité des doses. Marie-Pierre Breton indique que les démarches se poursuivent avec les fournisseurs afin d’assurer leur réception. Les pharmacies tentent depuis plusieurs mois d’anticiper leurs besoins, alors que la demande peut varier d’une campagne à l’autre et d’un vaccin à l’autre. « C’est tout le temps l’étape […] qui est un petit peu plus critique, d’essayer d’avoir suffisamment de doses pour répondre à la demande qu’on va avoir », explique-t-elle.
Les plages horaires doivent donc être ajustées en fonction des ressources de chaque pharmacie, mais aussi des doses reçues. La pharmacienne souligne toutefois un avantage propre à la collaboration régionale. Lorsque c’est possible, des pharmacies peuvent s’entraider, notamment si une succursale dispose de davantage de doses d’un vaccin. « Normalement, chaque année, on finit par s’en sortir et avoir suffisamment de doses pour répondre à la demande en pharmacie », indique-t-elle.
Une organisation qui commence des mois à l’avance
La campagne apporte aussi son lot de défis logistiques. Les pharmacies doivent prévoir leurs besoins en vaccins, libérer des plages de rendez-vous et mobiliser différents membres de leurs équipes. À la pharmacie de Marie-Pierre Breton, cette préparation a commencé dès l’été avec une estimation du nombre de vaccins nécessaires. « Plus la période de la campagne approche, plus ça nous demande un petit peu d’organisation, que ce soit pour établir les plages horaires, s’assurer d’avoir les ressources nécessaires à la pharmacie », explique-t-elle. Assistants techniques, pharmaciens et personnel infirmier peuvent notamment être appelés à contribuer au déroulement de la campagne.
Trois vaccins, mais un seul rendez-vous possible
Les vaccins contre la grippe, la COVID-19 et le VRS demeurent trois injections distinctes. Cependant, selon Marie-Pierre Breton, une personne admissible aux trois peut les recevoir au cours du même rendez-vous.
« On est capable de faire les trois injections à la même journée. Donc, on n’a pas besoin de reprendre trois rendez-vous différents », explique-t-elle.
Pour les pharmacies, cette campagne illustre aussi l’élargissement du rôle qu’elles occupent dans la vaccination. « Le rôle du pharmacien dans cette campagne-là est grandissant », estime Mme Breton. « Notre contribution au niveau de la protection de la population pour la vaccination, c’est super important. »
La durée de la campagne dépendra notamment de la demande et de la disponibilité des vaccins. À la pharmacie Prévost et Breton, les vaccinations se poursuivent habituellement en novembre, alors que plusieurs citoyens cherchent à obtenir leur protection avant les rassemblements du temps des Fêtes.