Une murale qui donne vie aux souvenirs
Par : Joanie Dion
Intitulée Le mur des plus beaux souvenirs, la murale a été réalisée grâce à la collaboration de membres du Regroupement des artistes en arts visuels de l’Abitibi-Ouest (RAAVAO) et du Club de l’Amitié des handicapés de l’Abitibi-Ouest. L’œuvre rassemble des éléments inspirés des expériences vécues par les membres de cet organisme qui propose des activités de loisirs aux adultes vivant avec un handicap en Abitibi-Ouest.
À l’origine du projet, Mélanie Bouchard, animatrice au Club de l’Amitié, souhaitait créer quelque chose de beau et de rassembleur. Elle voulait surtout que les membres puissent se reconnaître dans l’œuvre et y retrouver une partie de leur histoire. « Je voulais que la murale représente les gens, leur histoire, leur sentiment d’appartenance », explique-t-elle.
Des souvenirs transformés en images
Pour concevoir celle-ci, les artistes Johanne Perreault et Line Ouellet ont d’abord pris le temps de recueillir les souvenirs et les préférences des membres. À travers des échanges portant sur leurs activités favorites, leurs rêves et les expériences qui les avaient marqués, elles ont découvert les histoires qui allaient inspirer la composition.
Le voyage au zoo, une sortie pour assister à un match des Canadiens de Montréal et une excursion à bord du train de Charlevoix figurent parmi les souvenirs retenus. D’ailleurs, certains détails revêtent une signification toute particulière. L’éléphant représenté sur la murale rappelle notamment l’attachement d’un membre du club à cet animal, qui occupe une place importante dans sa vie.
Pour les artistes, ces images ne sont donc pas de simples éléments décoratifs. Chacune évoque une personne, une expérience ou un moment marquant. « Chaque élément représente une personne de la clientèle », souligne Johanne Perreault, qui explique être attachée à l’histoire personnelle derrière chacune des images.
Des rêves devenus accessibles
Pendant longtemps, certaines sorties et activités semblaient difficiles pour les membres du Club, voire impossibles à réaliser. Grâce aux efforts de l’organisme, à la mobilisation de partenaires et au soutien de commanditaires, plusieurs ont pu découvrir de nouveaux lieux et vivre des expériences qui leur paraissaient auparavant inaccessibles.
Le train de Charlevoix évoque notamment cette ouverture sur le monde et la possibilité de découvrir de nouveaux horizons malgré les obstacles rencontrés.

La murale qui orne l'un des murs intérieurs du Club de l'amitié des handicapés de l'Abitibi-Ouest (Photo : Gracieuseté - Johanne Perreault)
Une autre figure représentée sur la murale, une personne en fauteuil roulant contemplant le paysage, a également une portée symbolique. Elle évoque le calme, l’espoir et la possibilité de regarder vers l’avenir.
La représentation de personnages vivant avec une différence était d’ailleurs importante pour les artistes. L’objectif était que les membres puissent se reconnaître dans l’œuvre et sentir qu’ils y ont pleinement leur place.
Cinq jours pour créer une œuvre collective
La réalisation de la murale a également représenté un défi pour les artistes. Il fallait terminer l’œuvre en cinq jours, pendant que les membres du club étaient en voyage à Gatineau, afin de préserver la surprise jusqu’au dévoilement.
La coordination des horaires, la répartition des tâches et les contraintes liées à l’espace ont exigé une organisation serrée. Il fallait aussi composer avec les différentes approches artistiques afin que les éléments s’intègrent harmonieusement.
Pour le RAAVAO, ce projet constituait une occasion d’expérimenter une réalisation collective d’une nouvelle ampleur. Les artistes ont dû apprendre à travailler ensemble, à respecter leurs différences et parfois à accepter que leur travail soit ajusté par leurs collègues.
Malgré les contraintes, Johanne Perreault et Line Ouellet retiennent surtout la richesse de cette expérience et le lien qui s’est créé entre les participantes.
Une œuvre qui rassemble
Installée à l’intérieur du Club de l’Amitié, la murale accueille désormais les visiteurs dès leur entrée dans les lieux. Elle rappelle que derrière chaque image se trouvent des personnes, des expériences et des liens qui contribuent à la vie de l’organisme.
Pour Mélanie Bouchard, le projet porte un message de fierté, de solidarité et d’appartenance. Elle espère que les visiteurs percevront le travail et l’affection investis dans sa réalisation. « Derrière la murale, il y a des personnes, des histoires, puis surtout, il y a beaucoup d’amour », résume-t-elle.
Pour les artistes, cette réalisation rappelle également le rôle que les arts peuvent jouer dans une communauté. En réunissant des personnes aux parcours différents autour d’un projet commun, l’art devient un moyen de créer des liens et de donner une place visible à des expériences qui méritent d’être partagées.