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Culture

Billy Tellier invite à « kicker la ruche » et à lâcher prise

Par : Joanie Dion

Avec son spectacle Kicker la ruche, l’humoriste Billy Tellier aborde avec autodérision la peur de faire les mauvais choix, les défis de la parentalité et l’importance de profiter du temps passé avec ses proches. Il viendra présenter ce one-man-show à Val-d’Or le 11 novembre et à Rouyn-Noranda le 12 novembre.

Billy Tellier | Crédit Eric Myre
« De là le titre, Kicker la ruche, c’est-à-dire faire un mauvais choix, puis après te ramasser avec plein de petites conséquences que tu n’avais peut-être pas prévues », explique Billy Tellier.
(Photos : Eric Myre)

« Est-ce qu’on est une bonne personne en société ? Est-ce que c’est une bonne idée d’être une bonne personne en société ? Est-ce que c’est faire des choix pour nos enfants ? Est-ce qu’on fait les bons choix ? Est-ce qu’on va les traumatiser ? » se questionne-t-il en expliquant la métaphore de la ruche dans le titre de son numéro.

Pour Billy Tellier, « kicker la ruche » est un rappel de son départ de la radio, où il a travaillé une douzaine d’années, et de son retour à la maison les matins, avec la routine et les enfants. « De là le titre, Kicker la ruche, c’est-à-dire faire un mauvais choix, puis après te ramasser avec plein de petites conséquences que tu n’avais peut-être pas prévues. […] Puis il y a un numéro aussi dans le spectacle qui est relié à la ruche parce que, maintenant, je passe mes matins avec mes enfants, ce que je ne faisais pas avant. Et j’ai réalisé aussi qu’un enfant, ça pouvait être une ruche le matin, parce que [tu peux te faire] piquer dans la face à la moindre occasion, alors que tu ne voulais pas que ça explose pour garder ton matin calme », illustre-t-il.

Billy Tellier | Crédit Eric Myre

« [Ma mère] n’avait pas peur de faire des décisions et de faire les choses à sa façon pour être sûre qu’on ne manque de rien », confie Billy Tellier. (Photo : Eric Myre)

Lui qui se décrit comme ayant été un « un bon petit gars qui essaye de faire les bonnes choses et de ne pas déplaire » se questionne désormais sur ce qu’il souhaite transmettre à ses enfants. Quelle est la meilleure option ? Ne pas déranger ? Ne pas déplaire ? Faire bouger les choses ? Comment ? Et ces questions, il les amène sur scène.

Entre les conseils trouvés dans les livres et ceux qui circulent sur les réseaux sociaux, il trouve difficile de faire confiance à son propre jugement. L’humoriste en est toutefois venu à une conclusion : il faut parfois accepter de lâcher prise. « Je pense qu’à un moment donné, il faut que tu te fasses confiance à toi, puis que tu laisses aller. »

Ce changement de perspective l’a poussé à réfléchir à la situation de sa mère qui les a élevés, sa sœur et lui, en famille monoparentale… ce qui lui a inspiré un hommage à sa mère dans son numéro. « Elle n’avait pas peur de faire des décisions et de faire les choses à sa façon pour être sûre qu’on ne manque de rien », confie Billy Tellier.

Et non seulement raconte-t-il son passé avec sa mère, mais également des éléments du présent, notamment la fois où il l’a amenée à Las Vegas. « J’ai dit à ma mère qu’elle pouvait faire tout ce qu’elle voulait. On peut aller voir un spectacle, jouer au casino, tout ça. Et ma mère a choisi de tirer de la mitraillette. Donc, on est allés dans un champ de tir. Alors, à 72 ans, 4 pieds 11, ma mère a tiré de la mitraillette, et c’est devenu une anecdote dans le show. »

Cette partie du spectacle, selon lui, touche particulièrement le public parce qu’elle les transporte dans les émotions et rappelle la nécessité de profiter du moment présent avec les êtres chers. « On ne sait jamais quand ça va se terminer… Et tu sais, notre peur d’avoir des regrets. »

Billy Tellier | Crédit Eric Myre

« Il faut que j’amène ça sur scène, parce que je ne suis pas la seule personne à vivre des anecdotes rocambolesques la nuit », spécifie-t-il. (Photo : Eric Myre)

Comment traite-t-il de ces sujets plus émotifs ? Probablement grâce à l’autodérision. « Je parle de mon somnambulisme dans mon spectacle, ce que je n’avais pas amené sur scène avant. J’en avais parlé un peu à la radio, mais je me disais : “Ah, les gens ne me croiront pas, ils vont penser que j’invente tout ça.” Mais je me suis dit : non, il faut que j’amène ça sur scène, parce que je ne suis pas la seule personne à vivre des anecdotes rocambolesques la nuit », précise-t-il.

Après avoir attiré plus de 50 000 spectateurs dans le cadre de sa deuxième tournée, l’humoriste apprécie toujours les interactions avec le public, qui rendent chaque représentation unique. Le rythme et les situations dans lesquelles les gens peuvent se reconnaître font aussi partie des éléments qu’il souhaite préserver sur scène, avec la mise en scène de Laurent Paquin.

Et s’il pouvait aujourd’hui « kicker » une nouvelle ruche, ce serait peut-être du côté de la télévision et du cinéma. L’humoriste aimerait se faire davantage confiance et sortir de sa zone de confort pour explorer de nouveaux projets.

Une manière, finalement, de mettre en pratique la philosophie au cœur de son spectacle : parfois, il faut accepter de brasser les choses pour découvrir ce qui nous attend de l’autre côté.

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