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Culture

Donner le goût de lire, un roman à la fois

Par : Joanie Dion

Avec son nouveau roman jeunesse publié aux Éditions Z’ailées, Pleins gaz sous zéro, Isabelle Maheux plonge dans l’univers des courses de motoneige pour rejoindre les jeunes lecteurs là où se trouvent leurs passions.

Isabelle Maheux | Éditions les Z'ailées
Isabelle Maheux
(Photo : Gracieuseté — Éditions les Z’ailées)

En revenant d’un salon du livre où elle présentait son roman Camp de bataille de la collection Garnotte, Isabelle Maheux était à la recherche d’une nouvelle idée, pour commencer un nouveau projet d’écriture qui puisse nourrir les passions qui animent ses lecteurs. « Je vois l’engouement des jeunes aussi quand je vais dans les salons du livre à propos de ces sujets-là [comme le bois, la chasse, la pêche, etc.]. Puis là, j’ai pensé tout de suite aux motoneiges », raconte-t-elle en admettant qu’elle n’est pas elle-même une experte en la matière alors que des idées mijotaient déjà.

« Je connaissais dans mon entourage un jeune garçon qui fait ce genre de courses là, donc j’ai demandé à sa mère si elle accepterait que je le rencontre. Puis les deux sont venus chez moi, et on a passé un bon moment à discuter, où j’ai pris des notes. »

Parce que la prémisse de Pleins gaz sous zéro est celle d’un adolescent, Liam, qui rêve de participer à des courses de motoneige, alors que ses parents le lui refusent, question de sécurité et d’argent. Avec son meilleur ami Enzo, il entreprend donc de retaper une motoneige dans le garage, malgré les réticences de ses parents. Au cœur de cette histoire se dessine une tension entre l’ambition de poursuivre son rêve et les préoccupations liées à la sécurité.

« Il y a des personnages qui vont rencontrer des difficultés. Entre autres, le personnage principal, qui, lui, est vraiment passionné par la course, alors que ses parents ne sont pas très chauds à l’idée. » Liam sera confronté à des obstacles qui feront évoluer sa manière de voir les risques et la sécurité.

Il trouvera une forme d’équilibre grâce à sa relation avec Enzo, qui demeure très présent au fil des événements. « Pour les jeunes lecteurs, ça peut leur donner espoir de trouver quelqu’un comme ça, une amitié comme celle-là. Ou peut-être, les réconforter dans des amitiés qu’ils ont déjà, et qui peuvent être très précieuses. »

Isabelle Maheux | Éditions les Z'ailées | Pleins gaz sous zéro

Couverture officielle de Pleins gaz sous zéro (Photo : Gracieuseté — Éditions les Z’ailées)

Une histoire qui laisse place à l’imagination

Enseignante en éducation à l’enfance, Isabelle Maheux accorde une attention particulière à la façon dont les jeunes découvrent le plaisir de lire, notamment dans la construction du livre. « J’essaie toujours que la fin du chapitre donne le goût de rester encore pour un autre chapitre », souligne-t-elle.

Quand elle est plongée dans l’écriture, l’histoire est comme un film dans sa tête duquel elle s’inspire pour la vie de ses personnages. « Le processus est très spontané, très libre. C’est sûr que je me fais un petit carnet où j’écris, par exemple, que pour tel personnage, j’aimerais qu’il ait certaines caractéristiques. Une fois que les personnages sont tablés, là je me mets à m’amuser dans ma tête et à voir qu’est-ce qui peut se passer », explique-t-elle.

Et cette liberté se ressent jusque dans le dénouement de ses livres, où elle laisse la porte ouverte à l’imagination. « J’ai l’impression que quand je laisse des portes ouvertes, ça ne veut pas dire que moi j’ai l’intention d’écrire une suite. Plutôt, j’aimerais ça que le lecteur reparte avec les personnages et continue le film dans sa tête. » Il arrive d’ailleurs que des lecteurs lui demandent des suites. À cela, leur répond-elle : « Bien, qu’est-ce que tu penses qu’il va arriver ? Vas-y avec tes idées à toi. »

Au-delà des courses et de la motoneige, Pleins gaz sous zéro porte donc cette ambition : montrer aux jeunes que la lecture peut être une source de plaisir et d’inspiration. Isabelle Maheux espère que les lecteurs auront envie de retrouver Liam et Enzo, de réfléchir à leurs propres amitiés et, pourquoi pas, d’inventer leurs propres aventures. Car si l’autrice aime imaginer des histoires, elle souhaite aussi transmettre cette possibilité à son public.

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