Culture

Quatre regards sur l’histoire d’une ville centenaire

Dans le cadre du 100e anniversaire de Rouyn-Noranda, le 19 juin prochain aura lieu au MA Musée d’art le vernissage de l’exposition Une ville, quatre photographes, regroupant le travail photo-documentaire de Hubert Vavasour, Joseph Hermann Bolduc, Fra

Exposition Une ville, quatre photographes MA Musée d'art

Dans le cadre du 100e anniversaire de Rouyn-Noranda, le 19 juin prochain aura lieu au MA Musée d’art le vernissage de l’exposition Une ville, quatre photographes, regroupant le travail photo-documentaire de Hubert Vavasour, Joseph Hermann Bolduc, François Ruph et Charles Gauthier. En retraçant les époques de chaque photographe, l’exposition propose également un témoignage de l’histoire de la ville de Rouyn-Noranda, mais aussi de l’évolution des pratiques photographiques.

Alors que le MA Musée d’art avait fait l’acquisition d’une quarantaine de photos de Charles Gauthier il y a quelques années, l’idée de monter potentiellement une exposition planait au sein de l’équipe du musée. « Et le centième arrivait, on s’est dit qu’on pourrait faire une exposition autour de Rouyn », souligne Valentin Guiller, responsable de développement numérique au Musée d'art et du montage des expositions.

Le projet a alors pris de l’expansion et aux photos de Gauthier se sont ajoutées celles de Vavasour, Bolduc et Ruph. Comment a-t-il été possible de ne sélectionner que quatre photographes parmi tous ceux qui ont photographié la ville au fil du temps? « L’exposition essaie de prendre un angle pas historique, justement. Elle le fait, dans un sens, parce qu’on parle de photos débutant dans les années 1920 […], mais on essaye de sélectionner certains clichés avec lesquels on peut amener un argument de démarche », explique M. Guiller.

Pour des photographies datant du début du XXe siècle, la démarche artistique qui en découle devient alors hypothétique, car il reste très peu d’informations, mais « il s’y fait une narration qui est sympathique ». « Vavasour, qui est au tout début de Rouyn, s’intéresse à l’émergence de la ville. Il prend en photo des infrastructures. On voit que les gens ne sont pas ce qui est important dans ses clichés », mentionne-t-il, alors que Bolduc se situe dans la suite de cette approche. « Mais Bolduc commence à s’intéresser aux habitants. Il y a une présence de gros plans, moins de plans très, très larges qui noient le monde dans tout ce qui arrive. »

Cela étant, le fil du temps se poursuit avec les œuvres de Ruph et Gauthier dans lesquelles « le sujet n’est plus autant les structures, mais c’est la ville dans ses habitants. Et là, le sujet c’est l’humain, les Rouynorandiens et Rouynorandiennes ».

À travers son travail de recherche à la BANQ, les archives de Rouyn-Noranda, Valentin Guiller s’est vu surpris par certaines techniques de photographie d’époque. « J’ai essayé de mettre en valeur des photos de Vavasour, par exemple, qui prenait l’avion pour aller prendre des photos de Rouyn-Noranda. On a une vision du passé qui est assez inédite pour l’époque », raconte-t-il. À propos du travail de Gauthier et de Ruph, qui se situe dans la même période, c’est de constater la personnalité de chacun d’eux dans les photos, qui a marqué M. Guiller. « Ils se sont côtoyés pendant un certain temps, et ils font des photos qui sont totalement différentes. Ce sont les artistes qui choisissent comment ils représentent la réalité dans laquelle ils sont. »

Avec des projections de certaines photos sur les murs, et d’autres présentées sur des murs au centre de la salle, Une ville, quatre photographes sera accessible au public dès le 19 juin à 17h pour son vernissage. Également, le lendemain, soit le samedi 20 juin à 11h, une table-ronde aura lieu au MA Musée d’art avec François Ruph et Charles Gauthier. Elle sera animée par Sébastien Tessier, archiviste aux Archives nationales à Rouyn-Noranda.

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