Culture

Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice : Une exposition virtuelle pour raconter un siècle de dévouement

Derrière les archives, les photographies et les témoignages se cachent des femmes de foi, d’engagement et de proximité. Avec une exposition virtuelle immersive, les Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice ouvrent une fenêtre sur leur histoire centenaire et

Exposition virtuelle Soeurs de Notre-Dame-Auxiliatrice | Christine Limoges et Soeur Thérèse Charbonneau

Derrière les archives, les photographies et les témoignages se cachent des femmes de foi, d’engagement et de proximité. Avec une exposition virtuelle immersive, les Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice ouvrent une fenêtre sur leur histoire centenaire et lèvent le voile sur un héritage qu’elles souhaitent transmettre aux générations futures.

À l’occasion du 100e anniversaire de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice, en 2021, les principales intéressées ont été questionnées à savoir comment elles aimeraient le souligner. C’est alors qu’une idée a éclos. Une vingtaine d’années auparavant, un livre avait été produit pour raconter, entre autres, la fondation de la congrégation. Les sœurs souhaitaient désormais développer une exposition.

Ce projet allait permettre non seulement de raconter leur histoire, mais surtout, de partager des photos et des images qui n’avaient pas été montrées dans le livre. « On a mis l’accent sur les œuvres et les missions qui sont arrivées », raconte sœur Thérèse Charbonneau, sœur supérieure générale de la congrégation des Sœurs de Notre-Dame-Auxiliatrice et productrice de l’exposition.

Ainsi, depuis 2023, avec Christine Limoges, chargée de projet, et Carolanne Laurin, directrice à la production, des recherches pour retrouver les histoires et les photos, recueillir des témoignages par vidéo, et finalement choisir l’option d’une exposition virtuelle immersive, ont teinté le parcours de ces femmes.

Ce qui était important pour l’équipe, c’était de personnaliser l’expérience, de transmettre les sourires et le quotidien des sœurs. (Photo : Marie-Raphaëlle Leblond)

« Avec une exposition virtuelle, ça va traverser le temps. Et ça, c’est devenu très important pour nous. On s’est dit que c’est un héritage qu’on laisse aussi à la population. Avec une exposition ponctuelle, il y a un début et une fin. Alors que sur un plan virtuel, l’exposition va toujours être existante », confie sœur Thérèse.

Et le lieu choisi pour accueillir l’exposition virtuelle immersive est la chapelle de la maison mère de la communauté, ce cœur où elles se retrouvent pour se recueillir et prier. D’ailleurs, la dame qui s’occupait de l’entretien du bâtiment, Solange Lamarche, affectionnait particulièrement ce lieu, la chapelle. « Elle y voyait une exposition », précise justement Sœur Thérèse.

De cette manière, les recherches ont pu remonter jusqu’en 1938, à l’arrivée de la communauté à Rouyn-Noranda, partie de Mont-Laurier. Et c’est désormais le départ de l’exposition. Un contexte historique est mis en place dès l’entrée dans la chapelle, de l’époque de la colonisation de la région à aujourd’hui, traversant toutes les époques et les rebondissements qu’elles ont connus.

« Par exemple, Vatican II et la Révolution tranquille, c’est un coup très dur pour les communautés. Et à peu près dans les mêmes années, la communauté a permis à des sœurs d’aller se former. Elles pouvaient aller au cégep et à l’université. Elles pouvaient aller se former comme sœurs ou aller à l’université en théologie, sociologie, travail social. Et donc, il y a des portes qui s’ouvraient quand même et elles pouvaient choisir où elles voulaient aller, qu’est-ce qu’elles voulaient faire comme profession », raconte Christine Limoges.

Ce qui était important pour l’équipe, c’était de personnaliser l’expérience, de partager avec le public les sourires et le quotidien des sœurs. « Il y a beaucoup d’émotions qui se transmettent par les photos, par les entrevues et par les narrations aussi. On voulait toucher les gens », explique Mme Limoges.

Parmi toutes les photos qui ont été recueillies, l’une a particulièrement touché la chargée de projet. « Les sœurs jouent ensemble au baseball avec leur habit, leur grande robe, la coiffe, et tout. Ça montre la simplicité. On les imagine toujours dans un autre univers ou ayant une autre façon de penser et de faire les choses. Mais non, dans le fond. Elles se sont mises en position pour jouer comme des vrais joueurs de baseball. Nous, on les voit à travers le voile des sœurs, mais elles, pour elles, ça n’a aucune importance. […] Pour nous, c’est un peu surprenant, livre-t-elle.

Les sœurs jouent au baseball à St-Viateur, près d’Amos, en 1967. (Photo : Gracieuseté)

Ça devrait nous amener à la réflexion suivante, c’est-à-dire, ce sont des personnes comme vous et moi, en arrière de la robe, c’est une femme qui a des goûts, qui a des intérêts, qui a des forces et des faiblesses. Et nous, c’est justement ça aussi, dans l’exposition, on voulait montrer le visage des sœurs. », confie Christine Limoges.

« Au départ de notre vie, on a donné notre vie à Dieu. Et c’était pour le monde, c’était pour le service, c’était pour aider les gens, c’était pour être présente auprès des gens, puis être avec eux. On a beaucoup été dans les petites paroisses, dans des petits milieux, toujours proches des gens. C’est une réalité de la congrégation. Aujourd’hui, on diminue. On est à l’étape de l’accomplissement de notre mission. Puis, ça se vit bien parce qu’on a toutes à cœur de rester vivantes jusqu’au bout. On a à peu près quatre décès par année. On se rend compte que ça descend assez vite. Mais en même temps, on reste très vivantes. On se dit qu’être proche des gens, ça va être avec nous pour jusqu’à la fin », témoigne Sœur Thérèse.

Une réalité que cette exposition permet aujourd’hui de découvrir sous un nouveau jour, au https://expositionsnda.ca/.

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