Culture

Tito BP revisite ses racines avec Ghost Town

Après un EP aux sonorités lo-fi lancé en avril, Tito BP change de registre avec Ghost Town, une chanson parue dans les dernières semaines qui mise sur une énergie plus percutante. En collaboration avec le rappeur BlackLife, l’artiste abitibien livre

Tito BP | Crédit William Brière Daigle

Après un EP aux sonorités lo-fi lancé en avril, Tito BP change de registre avec Ghost Town, une chanson parue dans les dernières semaines qui mise sur une énergie plus percutante. En collaboration avec le rappeur BlackLife, l’artiste abitibien livre une œuvre musicale accrocheuse qui puise son inspiration dans le village de son enfance.

L’idée de Ghost Town lui est venue presque spontanément lors d’une séance de création chez le beatmaker Camirand, à Rouyn-Noranda. En entendant l’instrumental qu’il lui proposait, Tito BP écrit rapidement le couplet et le refrain. Et un nom lui vient rapidement en tête : BlackLife.

« Je trouvais que ça fittait avec son style, même si je ne le connaissais pas encore », raconte-t-il.

Voilà que, quelques mois plus tard, les deux artistes partagent la scène lors d’un spectacle à Amos. La complicité s’installe, et le projet prend forme au studio AdéquaT, où BlackLife compose son couplet.

Si l’écriture de la chanson s’est concrétisée en peu de temps, la sortie de celle-ci s’est toutefois fait attendre. Le morceau est resté de côté pendant quelques mois, le temps que chacun se consacre à ses propres projets. « Quand on est revenus dessus plusieurs mois plus tard, j’ai tout réenregistré. C’était meilleur que la première fois. La laisser mijoter, c’était vraiment le bon choix. »

Malgré son titre, Ghost Town ne se veut pas une chanson triste. Tito BP s’est inspiré de Normétal, son village natal, et de ces communautés qui ont connu des jours prospères avant de perdre peu à peu leurs habitants. « Tu arrives dans certains villages qui étaient très vivants dans les années 1970 et 1980, puis aujourd’hui il y a des maisons abandonnées. C’est cette image-là qui m’a inspiré. » Loin d’un regard nostalgique ou mélancolique, l’artiste préfère adopter un ton teinté d’autodérision.

« Je viens d’une place comme ça, mais ça ne m’a jamais empêché d’avancer ni de me développer comme artiste. »

Cette approche se reflète également dans la musique. Avec son rythme soutenu et son refrain accrocheur, Ghost Town contraste avec les morceaux plus introspectifs de son EP paru au printemps. « Je voulais montrer une autre facette de ce que je peux faire. Mon EP était beaucoup plus sentimental et personnel. Je voulais montrer ma versatilité. »

Pour l’artiste, chaque chanson commence par une ambiance. Comme il ne compose pas lui-même l’instrumental, il choisit parmi les créations de plusieurs beatmakers de l’Abitibi-Témiscamingue avec qui il collabore régulièrement. « Je prends un beat qui reflète comment je me sens à ce moment-là. C’est vraiment lui qui va guider où mes idées s’en vont. »

L’écriture débute ensuite de façon instinctive. Tito BP laisse les mots venir sans trop réfléchir avant de relire son texte pour en dégager le véritable sujet. « J’essaie de faire un peu d’écriture automatique. Ensuite, je prends un pas de recul et je regarde où mon cerveau voulait aller. À partir de ça, je construis quelque chose de plus concret. »

Une méthode qui lui permet de laisser émerger des thèmes auxquels il n’aurait pas nécessairement pensé de façon consciente.

La sortie de Ghost Town représente une étape supplémentaire dans une période particulièrement productive pour l’artiste. En effet, il travaille actuellement sur deux nouveaux projets : un EP collaboratif avec un rappeur de Sherbrooke ainsi qu’un nouvel album solo.

« L’inspiration est là, la motivation aussi. Donc, on continue de travailler fort pour continuer de sortir de la musique. »

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