Daniel Morin honoré pour près de 45 ans d’engagement culturel
La surprise a été complète pour Daniel Morin. Alors qu’il croyait simplement terminer l’animation du spectacle Au Paradis de Palmarolle, le 29 juillet dernier, le créateur et homme de culture a découvert qu’un hommage national lui était destiné. Aprè
La surprise a été complète pour Daniel Morin. Alors qu’il croyait simplement terminer l’animation du spectacle Au Paradis de Palmarolle, le 29 juillet dernier, le créateur et homme de culture a découvert qu’un hommage national lui était destiné. Après presque 45 ans d’engagement dans le milieu artistique et culturel de l’Abitibi-Témiscamingue, il a été honoré pour sa contribution exceptionnelle à sa communauté.
« Ça a été vraiment une très grande surprise », raconte Daniel Morin, qui animait la fin du spectacle lorsqu’on lui a soudainement retiré le contrôle de l’animation pour laisser place aux hommages.
Son parcours a notamment été salué par la première ministre du Québec, Christine Fréchette, le ministre de la Culture et des Communications, Mathieu Lacombe, ainsi que la députée d’Abitibi-Ouest, Suzanne Blais.
Sur scène, l’émotion était difficile à contenir.
« J’étais très, très, très ému », confie-t-il. Même s’il tentait de prendre ses distances avec l’émotion du moment, Daniel Morin a été profondément touché par les mots prononcés à son endroit. Une fois rentré chez lui, il a pris le temps de lire attentivement les lettres et les messages qui lui étaient destinés.
« J’ai été très, très choyé de cette soirée-là. »
Un hommage qui dépasse la carrière artistique
Pour Daniel Morin, cette reconnaissance représente davantage qu’un bilan de carrière artistique. Elle lui a permis de mesurer l’ampleur du travail accompli au fil des décennies.
Visionnaire, créateur, metteur en scène et mentor, il a notamment travaillé sur des pièces de théâtre, des comédies musicales et du théâtre musical. Mais les hommages reçus ont aussi mis en lumière une autre dimension de son engagement : sa contribution au développement social, économique et touristique de la région.
« De faire un ensemble, de dire : regarde ce que tu as accompli dans la communauté pendant ces 45 années-là, c’est vraiment exceptionnel », souligne-t-il.
Selon lui, plusieurs de ces contributions ont été réalisées sans qu’il en mesure nécessairement l’importance sur le moment. « Ça fait partie du quotidien. »
Un contexte particulièrement symbolique
L’hommage a été remis dans le cadre de la première présentation du spectacle Au Paradis de Palmarolle, une adaptation de Du Paradis du Nord présentée dans le cadre du 100e anniversaire de la municipalité. Pour Daniel Morin, le contexte était particulièrement significatif. Le spectacle avait notamment pour objectif de faire rayonner Palmarolle et de mettre en lumière les personnes qui ont contribué à bâtir la communauté au fil des générations. Des images projetées sur écran géant permettaient ainsi aux spectateurs de revoir des figures marquantes de l’histoire locale.
Cette démarche a suscité de nombreuses réactions, dont une que Daniel Morin affirme vouloir conserver longtemps en mémoire. « Monsieur Morin, merci de nous avoir fait revivre l’histoire qu’on avait perdue », lui a dit une spectatrice après le spectacle.
« Vous avez fait ma journée, madame. Merci. C’est le plus beau cadeau que vous ne pouviez m’apporter », lui a-t-il répondu.
D’autres membres du public ont également reconnu sur les écrans des gens de leur famille, faisant resurgir des souvenirs et un sentiment de fierté collective.
« On est revenus à nos racines et on revient avec un sentiment de fierté par rapport à ce projet-là », résume Daniel Morin.
Recevoir une telle reconnaissance dans un spectacle consacré aux bâtisseurs de Palmarolle a donné une résonance particulière, tant à l’événement qu’à cet hommage.
Choisir de rester en région
Lorsqu’il pose un regard sur les dernières décennies, Daniel Morin ne retient pas un projet spécifique dont il serait particulièrement fier. Ce qui le rend surtout fier, dit-il, c’est d’avoir pu faire carrière dans sa région et de vivre de son art.
Il estime avoir consacré entre 20 et 25 ans à l’organisation de différents projets et à leur conception, en plus de ses nombreuses années d’engagement artistique. Son choix de rester en Abitibi-Témiscamingue a parfois étonné son entourage. On lui a souvent suggéré de partir vers Montréal pour poursuivre sa carrière.
Sa réponse est toujours demeurée la même.
« Pourquoi je partirais dans les grands centres où je ne suis personne ? Et ici, on me donne la chance de pouvoir vivre de ce que je veux faire dans la vie. Pourquoi quitter ?
Pour lui, la possibilité de créer et de contribuer directement à sa communauté a toujours constitué une richesse en soi.
« Je faisais ce que j’aimais »
Si le Daniel Morin d’il y a 15 ou 20 ans avait appris qu’il recevrait un jour un hommage du gouvernement du Québec, il aurait probablement eu du mal à le croire.
« Je n’ai jamais, durant toutes ces années-là, cherché à vouloir le faire pour des prix ou des honneurs », affirme-t-il.
Il affirme avoir simplement fait son travail et poursuivi ce qui le passionnait, sans chercher la reconnaissance.
« Moi, je pense qu’en toute humilité, je faisais mon job, je faisais ce que j’aimais. »
C’est peut-être justement ce qui donne aujourd’hui une portée particulière à l’hommage qui lui a été rendu : après presque 45 ans à créer, à rassembler et à faire rayonner la culture en région, Daniel Morin se retrouve à son tour reconnu comme l’un des bâtisseurs de cette culture qu’il a contribué à faire vivre.