Culture

Des histoires « enchevêtrées » pour Christiane Desrivières

« Je voulais me mettre au défi avec un point de départ pour aller dans deux directions différentes », explique Christiane Desrivières.
Sabrina Bizier – Joanie Dion | jdion@journallecitoyen.com

Pour Christiane Desrivières, une histoire peut naître d’un mot, d’un titre ou d’une image. Mais selon la personne qui s’en empare, elle peut prendre une multitude de directions. C’est justement cette idée qui a donné naissance à Enchevêtrées, son nouveau recueil de nouvelles autoédité, qui paraît le 10 septembre.

L’idée a germé lors d’un atelier d’écriture animé par l’autrice. Elle proposait un titre aux participants, puis écrivait elle-même à partir du même point de départ. La discussion qui a suivi l’exercice l’a amenée à constater à quel point une même idée peut donner naissance à des histoires complètement différentes, selon le vécu, la créativité et les expériences de tout un chacun.

« Je voulais me mettre au défi avec un point de départ pour aller dans deux directions différentes », explique-t-elle.

Le concept est devenu la structure même du recueil. Chaque titre donne naissance à deux récits distinctifs, auxquels peuvent parfois s’ajouter des suites. Ces dernières ont-elles aussi leur propre titre commun. D’où le sentiment d’un ensemble où tout est lié, sans pour autant raconter une seule et même histoire.

Les textes abordent notamment les liens familiaux, le deuil, les valeurs et les relations entre les générations. Les grands-parents et les petits-enfants occupent par ailleurs une place particulière dans son univers.

Cette importance des liens intergénérationnels trouve d’ailleurs une résonance personnelle chez Christiane Desrivières, qui raconte avoir peu connu certains de ses grands-parents. Écrire lui permet ainsi, consciemment ou non, d’imaginer des relations et des histoires qu’elle aurait aimé connaître.

« Ça fait partie un peu de notre identité », souligne-t-elle.

La fiction la mène aussi d’explorer des émotions bien réelles. Une nouvelle aborde notamment l’anxiété, une émotion qu’elle connaît personnellement et qu’elle retrouve également dans son entourage. Elle précise toutefois que les histoires sont, pour la plupart, entièrement inventées.

Cette façon de partir d’une émotion vécue pour la transformer en fiction lui offre une grande liberté créative. Et elle découvre parfois, après coup, ce que ses textes révèlent d’elle-même.

« Ce n’est pas toujours conscient. C’est souvent après que je m’en rends compte », raconte-t-elle.

Le défi de faire court

Après avoir écrit deux romans, l’autrice s’est imposé un tout autre exercice avec Enchevêtrées. Alors que ses romans comportent de longs chapitres, ses nouvelles devaient tourner autour de 1000 mots.

« Il faut que je raccourcisse mes propos pour aller à l’essentiel », dit-elle.

Le défi, d’abord exigeant, lui a finalement donné goût à la forme courte. Au point où elle éprouve maintenant une certaine difficulté à revenir au roman, notamment parce que l’exercice requiert une plus grande liberté de temps.

Son travail d’éducatrice spécialisée lui a d’ailleurs permis d’intégrer les jeunes à son processus créatif. Elle a lu certains de ses textes à des élèves de 5e et 6e année et leur a demandé leur avis sur les titres, et de donner des idées de titres. Ce sont également eux qui lui ont suggéré l’idée d’ajouter des suites aux nouvelles.

Une autrice et éditrice

Après avoir essuyé des refus de maisons d’édition pour son premier roman, Christiane Desrivières s’est formée auprès d’une coach littéraire et a découvert les différentes avenues de publication.

Elle a finalement créé sa propre maison d’édition, Éditions Cricri, malgré le fait qu’elle ne se considère pas comme une entrepreneure dans l’âme. Mise en page, distribution, vente et impression : l’autoédition lui a permis d’apprendre les rouages du milieu, tout en développant des activités connexes comme les ateliers d’écriture.

Enchevêtrées sera disponible dans plusieurs libraires de la région, notamment par commande, ainsi qu’en format numérique sur Kobo et sur Amazon. Des exemplaires peuvent également être commandés directement auprès de l’autrice.

Pour Christiane Desrivièrs, ce recueil représente finalement bien plus qu’un nouveau livre : c’est une façon de continuer à créer malgré le manque de temps, de multiplier les possibilités offertes par les mots et de tisser histoire après histoire, des liens entre les personnages, les générations et les émotions.

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