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Portrait de relève témiscamienne : Keven Champagne

29 Juillet 2021

par : Bernard Flebus

Récemment, je me suis rendu sur la ferme de la famille Champagne où j’ai rencontré Keven, qui représente la sixième génération sur la même propriété. La première génération est arrivée en 1892, directement du Pontiac. Keven a complété un DEP en production animale au Centre Frère-Moffet et il vient d’avoir dix-sept ans.

Avant de décider de reprendre l’entreprise familiale, il avait pensé aller travailler dans les mines mais, sa seule motivation de travailler sous terre était la promesse de grosses paies. Donc, il est conscient qu’il ne va pas dans l’agriculture pour un gros salaire. En fait, la perspective d’être son propre patron lui plaît beaucoup. Il trouve motivant de faire son horaire lui-même et d’être entièrement responsable de sa réussite. Et en plus, il trouverait dommage que l’histoire de la ferme se termine avec son père et sa mère.

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Déjà à l’âge de douze ans, Keven pensait à prendre la relève de ses parents, il a toujours mis la main à la pâte et d’aussi loin qu’il se souvienne, il a toujours aimé le contact avec les animaux. D’ailleurs, un de ses rêves serait d’avoir des bouvillons, un élevage de moutons et des vaches à viande pour avoir le plaisir et la satisfaction de sélectionner lui-même les plus beaux sujets.

Quand il parle de ses projets, on sent la passion qui l’anime. Je lui ai demandé ce que ça faisait de travailler avec ses parents. À ce moment-là, Martin, son père est intervenu pour nous parler de l’expérience qu’il a vécu avec son propre père qui lui manque encore beaucoup. Et c’est avec émotion qu’il m’a expliqué que, comme son père l’avait fait pour lui, il transmet aujourd’hui ses connaissances et sa passion à son fils. « Je veux que mon fils réussisse comme mon père voulait que je réussisse. » Et Keven abonde dans ce sens en me disant que son père est ouvert aux nouvelles idées et qu’il lui laisse de plus en plus de responsabilités dans l’entreprise. On voit très bien la complicité père-fils quand un des deux bonifie la réponse de l’autre. D’ailleurs, Keven m’explique à quel point ils sont complémentaires et comment il aime travailler avec son père. Martin est très manuel et est capable de réparer pas mal de choses ainsi qu’améliorer certaines fonctions de ses machines, alors que lui ressemble plus à son grand père René, qui était plus à l’aise à faire fonctionner le matériel.

Quand j’interroge Keven sur le fait qu’il aurait pu s’en aller vers les grosses fermes dans la vallée du Saint-Laurent, il me répond qu’effectivement, ces agriculteurs-là sont proches de toutes les nouvelles technologies et de certains centres décisionnels mais que le prix de leurs terres est inaccessible alors qu’au Témiscamingue, il y a un territoire à développer. En plus, il y a une entraide entre agriculteurs au Témiscamingue qui est vraiment un atout.

Ses parents et lui me soulignent la chance qu’on a de vivre ici, malgré la COVID-19. Ils ont pu aller à la chasse, à la pêche, faire de la motoneige, aller sur leur lot à bois, bref s’occuper et avoir du plaisir. Pour terminer, je l’interroge sur le potentiel agricole au Témiscamingue et naturellement, sa réponse ne me surprend pas du tout. « Il y a beaucoup de place dans notre région pour faire de la culture et de l’élevage, avec des prix de terres très abordables », me dit-il.

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