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Portrait de relève témiscamienne : Marie-Pier Allard et Francis Pichette

31 Août 2021

par : Bernard Flébus

photo : Courtoisie

Bernard Flebus est un touche-à-tout. Reconnu dans la région principalement pour ses talents culinaires, il a mis sur pied la Foire gourmande de l’Abitibi-Témiscamingue et du Nord-Est ontarien en collaboration avec Line Descôteaux. Aujourd’hui, il est propriétaire de la charcuterie Extrem’ Boreal.

Cette semaine, c’est à la ferme Marcel inc. et entreprise Tremfar de Fugèreville que je suis accueilli par Marie-Pier Allard et Francis Pichette ainsi que leurs cinq enfants. À mon arrivée, Marie-Pier m’explique que la maison a été bâtie par ses arrière-grands-parents, Joseph Allard et Marie Bergouhnon, en 1910, soit avant même la création du village.

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Après un DEC en gestion et exploitation agricole à l’ITA de Saint-Hyacinthe, Marie-Pier est revenue tout de suite sur la ferme, ce qui fait d’elle la quatrième génération. Francis a un DEP en étude mécanique de système automatisé, il a d’abord travaillé pour la ville de Ville-Marie, pour être ensuite conducteur de machinerie lourde et camions. Pendant une pause de l’exploitation familiale, Marie-Pier a rencontré Francis, et c’est ensemble qu’ils font le saut pour assurer la relève de l’entreprise.

« L’envie de reprendre la ferme a toujours été dans ma tête », me dit la jeune propriétaire. Quant à Francis, le projet lui plaisait énormément, il est passionné de machinerie et on peut qu’il est pas mal satisfait avec la machinerie agricole! On retrouve du bœuf, des moutons et la moitié de la surface cultivable est dédiée aux céréales. Ils sont chanceux de pouvoir compter sur l’aide de Marcel et Paulin, les papas respectifs de Marie-Pier et Francis.

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Le couple m’explique qu’il faut apprendre à vivre avec les fluctuations des prix de la viande, des grains et surtout la météo, qui peut aussi bien amener un revenu qu’occasionner une perte, alors qu’avec une ferme laitière, malgré les aléas de la météo, la paie est plus régulière. Cette année, si la tendance se maintient, le revenu de la récolte de canola devrait composer les dégâts aux céréales causés par les orages.

Quel est leur point de vue de leur réalité par rapport à celle des fermes dans le sud du Québec? Pas tant de différence, à leur avis. Si les animaux sont beaux, on les vend plus cher, et le rendement des céréales aide, selon Francis. Pour les pièces mécaniques, il y a des délais plus longs de livraison selon Marie-Pier, mais n’envie pas le prix des terres très élevé dans le sud, où certains agriculteurs empruntent plusieurs millions de dollars pour grossir leurs entreprises.

À la question de la conciliation de la vie de couple et celle d’entrepreneur en même temps, ils me disent en cœur que ça tient occupé! « On se complète bien, il fait à manger, je fais la vaisselle », me dit Marie-Pier. Mais surtout, s’ils ont envie de prendre une pause pour se baigner avec les enfants, ils sont en mesure de le faire. Ils aiment que les enfants participent à de nombreuses activités sur la ferme, que ce soit faire de la clôture, soigner les animaux, aller en tracteur, ce qui est une bonne façon de les responsabiliser. D’ailleurs, pendant l’entrevue, Élodie, 13 ans, est allée soigner les animaux. Robin, 11 ans s’occupe du poulailler, Antoine, 2 ans, conduit les tracteurs avec papa. Actuellement, le couple est en réflexion concernant une possible expansion des activités, ils ont 650 acres cultivables, 1000 avec les terres en location, mais ce qui les freine, c’est l’augmentation du prix des terres. « Il faut prévoir à long terme, me dit Francis, calculer son investissement par rapport au rendement espéré, par exemple, avec un semoir de 14 pieds de large, ça prend 16 heures pour semer 100 acres de terre. C’est le genre de calcul qu’il faut faire avant de penser à investir. » Gageons que ces jeunes agriculteurs arriveront à communiquer leur passion du métier à une cinquième génération!

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