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Le temps de la retraite?

1 Novembre 2021

par : Luc Gélinas

photo : Courtoisie Luc Gélinas

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

Jonathan Drouin n’a surpris personne la semaine dernière en avouant que son coéquipier Shea Weber était passé à autre chose et que l’heure de la retraite avait sonné pour le capitaine du Canadien. D’ailleurs, Marc Bergevin avait auparavant mentionné à quelques occasions qu’il serait très étonnant que le défenseur revienne un jour au jeu. À trente-six ans, Weber peut se retirer avec le sentiment d’avoir connu une carrière exceptionnelle. Mais avant qu’il s’achète une chaise berçante, il doit être totalement certain d’avoir l’âme en paix et de bien vivre avec sa décision.

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Le 17 novembre 1997, je me trouvais à Toronto pour couvrir l’intronisation de Mario Lemieux au Temple de la Renommée du hockey. Indisposé par des maux de dos aussi violents que récurrents, il venait de connaître une saison de cinquante buts et de cent vingt-deux points malgré la douleur. À trente-deux ans, Le Magnifique avait annoncé sa retraite quelques mois plus tôt. C’était une fin de carrière grandiose et Lemieux devenait le premier joueur de l’histoire à accrocher ses patins en ayant maintenu une moyenne supérieure à deux points par partie au cours de sa carrière.

Pour seulement la neuvième fois de son histoire, le Temple de la Renommée rendait un joueur immortel sans le soumettre à l’attente de trois ans qui doit suivre sa retraite. Présent à Toronto pour cette journée importante, j’avais eu le privilège d’obtenir une entrevue individuelle avec Lemieux et presque vingt-quatre ans plus tard, je me souviens parfaitement de ma dernière question! « En terminant Mario, tu n’as que trente-deux ans, si un jour tes maux de dos disparaissent, serais-tu tenté d’imiter Guy Lafleur et effectuer un retour au jeu toi aussi? ». Il était parti à rire de façon très sincère. J’étais fier de mon coup.

Un peu plus de trois ans plus tard, le 27 décembre 2000, à l’âge de trente-cinq ans, Lemieux revenait au jeu au beau milieu de la saison. Avant le début de la rencontre, la bannière numéro 66 qui était accrochée au plafond du vieil Igloo a été descendue et elle était à peine remisée que déjà l’attaquant québécois soulevait la foule. À sa première présence sur la patinoire, l’athlète originaire de Ville-Émard préparait un but de Jaromir Jagr. Il n’y avait que trente-trois secondes d’écoulées au match! Lemieux a finalement terminé cette partie avec un but et deux aides et les Penguins ont battu les Maple Leafs 5-0. Le joueur-propriétaire a terminé le calendrier avec trente-cinq buts et soixante-seize points en quarante-trois matchs. Pas si mal pour un retraité!

Malgré ses qualités de leader et son style robuste, Shea Weber n’a pas une once du talent naturel de Mario Lemieux. Mais il est sûrement habité par la même passion et contrairement au légendaire joueur des Penguins, il n’a jamais gagné la Coupe Stanley. À trente-six ans, le vieux routier a mal partout. Son corps a payé le prix et il a souffert sans jamais se plaindre lors des dernières séries… mais j’aimerais mieux attendre encore une couple de mois avant de parier ma maison qu’on ne le reverra jamais dans la LNH!

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