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Une histoire dans le temps du jour de l’An

4 Janvier 2022

par : Luc Gélinas

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

L’hiver, lorsque l’on voyage souvent en avion, on ne sait jamais si l’on pourra rentrer chez soi comme prévu. Il y a deux ans, le 31 décembre, j’avais eu toute une frousse.

Ce soir-là, le Canadien jouait en Caroline. Comme il n’y a pas de vol direct qui relie Raleigh et Montréal, c’est un peu plus long et compliqué. Le lendemain matin, j’avais donc prévu prendre l’avion de 6 h pour Toronto. Je voulais absolument être avec ma famille le plus tôt possible pour célébrer la nouvelle année.

Pendant la première période, je reçois une alerte sur mon téléphone. Le vol est annulé. Pas retardé. Annulé. Encore très calme, je me tourne vers mon collègue Jean-François Chaumont du Journal de Montréal, qui lui partait à 10 h.

« C’est quoi ton numéro de vol demain ? Le mien est annulé. »

« J’aillais te demander la même chose. Le mien aussi est annulé », me répond-il avec un brin de panique dans le regard.

Le mot se passe rapidement sur la passerelle. Ce qui se déroule sur la patinoire devient alors secondaire. Je pense à mon épouse qui a préparé un copieux repas et à mes trois enfants qui seront à la maison en début d’après-midi avec leur conjoint.

Mon caméraman et moi, on se pointe donc à l’aéroport à 4 h du matin. Pendant la partie, j’avais déniché un vol vers Atlanta, d’où on pouvait ensuite décoller vers Montréal. En arrivant, mon ami Renaud est allé acheter ses billets au comptoir. De mon côté, j’avais effectué ma réservation en ligne pour sauver du temps. Notre Jour de l’An était sauvé !

Mais avant le décollage, je réalise que nous ne partirons pas d’Atlanta à la même heure. Il décollera à 9h et moi à 9h40. C’est impossible, il n’y a pas deux vols qui partent pour Montréal à quarante minutes d’intervalle. J’ai acheté un billet pour 9h40 PM! Mon avion va décoller plus de douze heures après celui de Renaud et je raterai le souper de famille tant attendu.

Aussitôt arrivé à Atlanta, je me précipite au comptoir pour modifier le billet ou en acheter un autre. C’est impossible, car mes bagages sont enregistrés pour le vol du soir. Je ne peux prendre aucun autre vol. Il n’y a rien à faire. Le préposé est intransigeant. Je lui dis alors que mon voyage se termine à Atlanta. Je ne monterai pas à bord du vol de 21h40. Les valises partiront toutes seules et je visiterai la ville.

Il n’a pas le choix d’accepter, mais je dois me rendre au carrousel à bagages pour récupérer ma valise. Près d’une heure plus tard, je la vois enfin arriver. C’est une course contre la montre. Je cours au comptoir, situé un étage plus haut. Je dois m’enregistrer au plus tard soixante minutes avant le décollage. J’arrive tout essoufflé. J’ai quatre minutes de jeu…ça sera suffisant pour acheter un nouveau billet. Je suis arrivé à la porte d’embarquement encore en sueur!

Le Jour de l’An de 2022 aura été beaucoup moins festif que celui de 2020… mais beaucoup moins stressant aussi!

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