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Les automobiles n’ont jamais été aussi chères

11 Janvier 2022

par : Samuel Lessard

Après avoir été infirmier clinicien, Samuel Lessard fait un changement de carrière à 180 degrés. Ce Témiscamien d’origine est maintenant journaliste automobile à l’émission RPM diffusé sur les ondes de V Télé. Il coanime RPM+ et écrit des articles pour le magazine web de l’émission.

Lors de ma précédente chronique, j’ai traité de la sécurité et de la performance des automobiles d’aujourd’hui, qui sont à des années-lumière de ce que c’était il y a 50 ans. Plusieurs internautes ont réagi en me disant : c’est vrai, mais les voitures coûtaient pas mal moins cher à l’époque. Justement, parlons-en du prix des automobiles.

En 1972, une Toyota Corolla se vendait environ 1 600 $, soit l’équivalent de 10 200 $ en 2022. Or, une Toyota Corolla L à boîte manuelle – la moins chère possible – se vend aujourd’hui 21 663 $, une augmentation de 212 % en 50 ans, toute proportion gardée. C’est plus du double.

Mais qu’est-ce qui explique cette hausse de prix? D’abord, les voitures modernes sont plus raffinées. Les systèmes de sécurité, la mécanique, le confort, l’espace, la finition et surtout la fiabilité sont nettement supérieurs à ce qu’ils étaient auparavant. Un tel rendement vient avec de plus grands investissements et une facture plus élevée, refilée au consommateur.

Aussi, depuis 50 ans, le marché a évolué. La folie est aux véhicules électriques et l’empressement de les sortir occasionne une hausse des prix des véhicules à moteur thermique. Le calcul est simple : si les véhicules réguliers se vendent à prix plus élevé, les constructeurs encaissent plus de profit et ont donc plus d’argent disponible pour alimenter la recherche et le développement des véhicules électriques.

Il y a également un concept plus flou qui est directement lié au consommateur. Des recherches sont faites par les constructeurs d’automobiles pour déterminer quel montant il est prêt à payer pour un produit précis, et on se sert des résultats pour en ajuster le prix. Le meilleur exemple est celui des véhicules utilitaires sport très prisés qui se vendent généralement 1 000 à 3 000 $ de plus que la voiture sur laquelle ils sont développés. Pourtant, ils ne coûtent pas réellement plus cher à produire.

Finalement, il y a l’offre et la demande, un concept qu’on a vu à l’œuvre dans la dernière année. Jamais les voitures neuves n’ont été aussi rares, mais les clients sont toujours au rendez-vous. Que faire? Au diable les promotions et les rabais, on vend à ceux qui sont prêts à mettre l’argent sur la table. La conséquence directe est que le prix moyen d’une transaction automobile au Canada a dépassé 40 000 $ en décembre dernier, une augmentation de 13 % en deux ans. C’est fulgurant.

Le constat final est le suivant : l’automobile n’a jamais été aussi chère qu’actuellement. Il existe cependant une mince consolation : la voiture que vous possédez actuellement vaut, elle aussi, plus cher qu’auparavant. Vous pourrez donc dire, en changeant de voiture, que vous n’aurez pas tout perdu!

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