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Les coulisses, ou l'enfance du spectacle

24 mai 2022

par : Martin Héroux

Originaire du Témiscamingue, Martin Héroux est un comédien québécois que l’on a eu la chance de voir tant à la télévision que sur les planches. C’est en 1995 que le grand public le découvre avec 4 et demi… On peut aujourd’hui le voir dans Alix et les merveilleux, 5e rang et District 31.

Il y a presque deux ans que je vous écris sur les coulisses du théâtre, de la télé, du monde du spectacle en général. Tour à tour, je vous ai parlé de la scène, des projecteurs, des comédiens, des auteurs, des tournées, des spectateurs et je vous ai raconté les échos de ces pièces, de ces spectacles, les échos des coulisses. Mais justement, les coulisses, quand est-ce qu'on va les raconter?

Parlons de ces travailleurs de l'ombre, sans qui tous ces feux d'artifice ne seraient justement qu'artifice. Le feu, ce sont les artisans derrière le rideau qui l'allument avant toute chose, c'est grâce aux nombreuses fourmis qui œuvrent derrière, devant et dans les coulisses que le spectacle peut trouver sa piste de décollage vers vous.

D'aussi loin que je me souvienne, participer à un spectacle fut d'abord pour moi, non pas jouer sur scène, mais de travailler au son, à l'éclairage ou encore à l'ouverture des rideaux lors du spectacle de la revue Richelieu de Ville-Marie. Ça semble simple, mais c'est immense.

Tout petit, voyant fièrement mon papa Yvan devenir un autre devant mes yeux, comme par magie, maquillé, costumé, recevant des applaudissements nourris au sous-sol de l'Église de Ville-Marie, je savais déjà que la fabrication de la magie de la scène passait par l'artifice, la machination du son et l'éclairage. Je vous jure, ouvrir les gros rideaux rouges me donnait vraiment l'impression de participer réellement à l'irréel, de devenir un rouage essentiel de ce qui se déroulait sur les planches.

Je me souviens exactement du sentiment fou en ouvrant le rideau à la main, de devenir tout à coup comme Fanfreluche qui ouvrait les pages de son gros livre d'histoires afin de nous raconter un conte. Je devenais un magicien qui déroulait le tapis rouge devant les gens assis, sagement ou non, pour rire un bon coup, pour se dérider quelques heures. Rendre le plus véridique possible l'impossible, jouer à faire semblant le plus réellement du monde, pour allumer les yeux des spectateurs. Pour voyager bien assis dans son fauteuil.

Donc, salutations et chapeaux bas à ceux et celles qui font que ce gros navire qu'est un spectacle puisse rester à flot et puisse faire fonctionner toutes les mécaniques. Les essentiels matelots, sans qui le capitaine et les officiers qui jouent sur le pont ne seraient que des pions sans gouvernail.

Attention, ça prend beaucoup de monde! Les techniciens de scène, qui montent et démontent les décors, les régisseurs qui communiquent avec la régie, qui lancent les « cues », les concepteurs d'éclairages, de son, les créateurs et concepteurs de costumes, de musique, de maquillage, les auteurs, les gens de la publicité, les metteurs en scène, les assistants, les répétiteurs, les souffleurs, les accessoiristes, les scénographes, les programmateurs, les directeurs artistiques, les coiffeurs, les administrateurs, les placiers, etc., et j'en oublie évidemment. Bravo à vous artisans du bonheur. Rappelez-vous, lorsque vous irez voir un spectacle cet été, levez les yeux, fouillez la scène avant le lever du rideau et applaudissez ceux et celles qui œuvrent à l’œuvre, pour l’œuvre.

Salutations à ce petit garçon que j'étais, qui se souvient encore aujourd’hui qu'ouvrir ses horizons, ça peut commencer par ouvrir un simple, mais merveilleux rideau de scène rouge, dans un sous-sol d'église. Les coulisses, c'est l'enfance du spectacle, c'est la fabrique bien réelle de l'irréel.

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