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La chance

26 Janvier 2021

par : Martin Héroux

Originaire du Témiscamingue, Martin Héroux est un comédien québécois que l’on a eu la chance de voir tant à la télévision que sur les planches. C’est en 1995 que le grand public le découvre avec 4 et demi… On peut aujourd’hui le voir dans Alix et les merveilleux, 5e rang et District 31.

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Ce que l'on nomme la chance est une donnée que je qualifierais d'incontournable et d'essentielle dans plusieurs sphères de la vie. Que ce soit dans le sport, en amour, dans les affaires ou dans notre carrière, quelle qu'elle soit, la variable « chance » est presque aussi importante que le travail et les efforts qu'il faille produire pour arriver à son but, à son rêve. Il faut rêver sa vie pour vivre de son rêve, dit-on.

Oui, c'est effectivement l'une des multiples facettes pour se rendre du point A au point B. Mais une fois sur la route de notre vie, notre volonté et notre discipline de travail au volant, il faut faire confiance et espérer rencontrer sur cette même route des personnes, des amis, ou de purs inconnus, qui, grâce à leur simple rencontre, à leurs expériences, leurs conseils, leur confiance envers nous, nous font monter plus haut, et souvent plus vite, un peu comme le jeu serpents et échelles.

Je les nomme des amis échelles. Des amis échelles, je vous en souhaite à la tonne. Cependant, ils sont rares comme certaines petites choses que le Pape peut produire à l'occasion... Comme on jase ici d'échos des coulisses, allons-y du côté des coulisses de la télévision. Monde qui a particulièrement changé au fil des années et dans lequel j'ai la chance de travailler depuis 25 ans! Déjà! Je fais donc de la télé depuis 1996, et c'est en grande partie la « faute » de deux auteurs qui sont devenus depuis, de bons amis.

Les auteurs Sylvie Lussier et Pierre Poirier sont ces bons samaritains qui, un jour, ont ouvert pour moi les portes des studios sombres et pourtant si lumineux des sous-sols de Radio-Canada. Deux ans après ma sortie de l'école de théâtre, des auditions sont demandées pour un nouveau rôle dans 4 et demi... Téléroman qui tire deux millions de téléspectateurs. On change le rôle de Michel (l’animalier joué par Robin Aubert, mon ami de classe en théâtre à l'Option-Théâtre Lionel-Groulx.) Je décroche ce rôle de Jean-René Bazin. S'en suivent cinq ans auxquels j'ai participé à ce téléroman, de magnifiques rencontres avec des amis, qui depuis, sont encore tout près; Alain Zouvi, Louis-David Morasse, Linda Johnson, Marie-Thérèse Fortin et feu Nicole Leblanc, Carl Béchard, entre autres. Sylvie et Pierre avaient, et ont encore, cette grande qualité de l'amitié et de la fidélité en amitié. Et voilà, nous sommes tombés en amitié, comme on tombe amoureux.

Il faut savoir, qu'ici au Québec, faire de la télévision, c'est pouvoir vivre de son art, du moins un peu plus décemment, et enfin respirer un peu mieux entre deux ou cinq projets de théâtre, qui souvent sont enivrants, mais tellement pas payants. Pour un père de famille, et qui plus est comédien, un rôle à la télé, c'est réconfortant et ça nous laisse la chance de payer nos comptes plus facilement. Mes amis Pierre et Sylvie, se sont toujours intéressés à mes projets de théâtre, à tout ce que je faisais sur scène ou ailleurs. Des amis, des auteurs, et surtout de beaux humains qui ont de la mémoire et de la générosité. Ils agissent d'ailleurs de même pour plusieurs des comédiens et comédiennes qui tapissent leurs histoires télévisuelles depuis 30 ans. Des auteurs qui nous invitaient chaque année, ils le font encore d'ailleurs aujourd'hui, à des rencontres annuelles dans leur chalet. Souvent nous sommes une cinquantaine, pour faire une espèce de lac-à-l'épaule pour trouver de nouvelles intrigues à leur écriture téléromanesque.

J'ai eu cette CHANCE de passer dans leur filet bienveillant, et aussi l'insigne honneur de jouer dans les trois téléromans qu'ils ont écrits pour Radio-Canada. Jean-René Bazin, l'animalier végétarien dans 4 et demi (5 ans), Gaspard Gauthier, le français chiant dans L'Auberge du chien noir (10 ans) et fait rare en télé québécoise (et unique me dit-on), j'ai repris mon rôle de Jean-René Bazin, maintenant devenu vétérinaire dans 5e rang (depuis 2 ans).

Traitez-moi d'homme choyé, et je vous dis d’emblée que oui, vous avez entièrement raison. Du travail et des amis à la fois, c'est inespéré et ça donne le goût de devenir un passeur de chance à mon tour, un ami échelle.

Voici quelques photos qui montrent que, oui, j'ai pris quelques rides et cheveux blancs, mais aussi que j'ai la chance de vieillir à la télé, via le regard et les mots de mes amis.

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Bonne année, et que la chance soit avec vous!

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