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Les coulisses théâtrales sur pause...

23 Février 2021

par : Martin Héroux

À ce temps-ci de l'année, quand on fait du théâtre en été, ou du théâtre d'été, c'est comme vous le voulez, on commence habituellement nos répétitions ou premières lectures de la pièce vers fin février début mars. Évidemment, en ce temps de pandémie mondiale, tout est à l'arrêt, et c'est désolant pour les spectateurs, et croyez-moi, c'est difficile aussi pour la suite des choses, quand on est comédien de scène, artisans des planches de théâtre, acteur de l'art vivant. Mais ça va revenir, le théâtre existe depuis la nuit des temps. J'ai confiance.

Je vous mentirais si je cachais le fond de ma pensée. Je m'ennuie grandement d'avoir accès aux spectateurs, aux rires en direct, là devant moi, entendre la clameur de la salle, les étonnements, les réactions, entendre l'art qui a une incidence directe sur une masse de gens venus écouter une histoire, venue se faire raconter une histoire, comme quand nous étions enfants et que, sur le bord de notre lit ou encore près du feu de camp dehors par un soir d'été, papa ou maman nous racontait une histoire. Nos parents ne le font plus quand on devient grand (et c'est dommage), mais notre cœur, lui, reste enfant pour toujours, quand on a su grandir sans trop vieillir et flétrir du cœur et de l'esprit. On aime toujours se faire raconter des histoires, des contes, des peurs, des blagues, des pans de notre histoire, des bribes de notre humanité, et cela, avec une voix chaude, réelle et vivante devant nous, comme quand on était petit.

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J'ai 25 saisons de théâtre d'été sous la cravate depuis 1988, année où la chance, la joie et surtout mon amie et grande comédienne Odette Caron et sa compagnie de théâtre professionnel La Crique de Ville-Marie, sont venus me chercher afin de jouer le rôle d'un jeune homme de 18 ans (mon âge en '88 justement), dans la pièce Les mensonges de papa de Jean-Raymond Marcoux. Je vous reparlerai de ces nombreuses années à faire rire le public d'ici et d'ailleurs plus tard dans la saison, car il y a tant et tant à dire et à raconter sur le théâtre d'été.

La scène télévisuelle...

Pour l'instant, à défaut de faire du théâtre, j'ai la chance de faire des émissions pour enfants à la télévision, ce qui est mon pain et mon beurre jusqu'en juin prochain jusqu’à la fin des tournages de l'émission Alix et les Merveilleux. Des cycles de trois ans, c'est souvent la norme pour les émissions pour enfants de nos jours.

Depuis 2001, j'ai eu la chance et l'insigne honneur de faire partie de trois émissions pour enfants à la télévision québécoise : Ayoye!, (de 2001 à 2003), 1,2,3... Géant! (de 2011 à 2013) et finalement, Alix et les Merveilleux, (de 2019 à 2022). Jouer pour les enfants, c'est avoir le loisir de sortir son clown, de jouer gros, mais pas à l’excès, c'est apprendre jusqu’où on peut aller, et surtout, c'est de laisser une trace dans l'imaginaire des tout-petits, qui plus tard auront absorbé un peu de notre propre folie. Toucher les jeunes, les faire rire et les accompagner dans ce temps de vie extrêmement important et formateur qu'est la petite enfance, c'est une joie et un privilège.

Chronique showbizz 23fev

La télé a un impact énorme sur nos jeunes, sur leur développent, c'est indéniable, et faire partie de ceux qui ont eu la chance de laisser une trace dans l'imaginaire des tout-petits, c'est pour moi une chance incommensurable. Quand quelquefois je rencontre au hasard des enfants, des parents ou des enfants maintenant devenus adultes, et qu'ils s'adressent à moi en m'appelant Spoutik, Bacon, Monsieur Ding Dong ou encore Monsieur le Chef de la sécurité, je vois dans leurs yeux, que leur cœur d'enfant est encore bien présent, et que mes personnages, bien qu’imaginaires évidemment, sont pour eux et elles, bien vivants.

Je me retrouve alors tout à coup faisant partie de leur vie, comme un membre de leur famille. C'est souvent touchant, et absolument toujours gratifiant. Que ce soit Pépinot et Capucine, Bobino, La souris verte, Sol et Gobelet, Nic et Pic, la Ribouldingue, etc., pour vous comme pour moi, ce sont des souvenirs aussi tangibles que les souvenirs de nos propres familles immédiates. En plus, les émissions québécoises pour enfants nous donnent la chance de posséder des souvenirs collectifs et culturellement communs à notre coin de pays. On se reconnaît dans ces histoires, dans la façon de parler, de rire, de communiquer.

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Comme il est important, selon moi, d'avoir une dramaturgie commune, une littérature nationale, il est aussi primordial de posséder une vaste expertise québécoise dans le domaine des émissions pour enfants. Émissions, personnages, langue, façon de voir qui parlent à nos enfants et à leurs parents, parce qu'elles leur ressemblent. C'est ce que l'on nomme la culture.

Quand les enfants sont captivés par la culture de leur nation en bas âge, ne soyons pas surpris de les voir s'intéresser plus vieux à leur langue et à leur pays et au monde entier par la suite. Il faut un terreau fertile, avec des fruits de notre jardin commun, avant d'aller voir et de s'intéresser aux fruits des jardins du monde par la suite. Vive les émissions pour enfants.

Parents d’aujourd’hui avec de jeunes enfants ou en devenir, avant de mettre vos héritiers devant Mickey Mouse, faites-leur connaître de quoi ils sont faits et d’où ils viennent, ils sauront fort probablement où ils iront plus tard. On est enfant de son quartier avant d’être enfant du monde, car on est enfant du monde parce qu'on a été un enfant de son quartier.

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Vous pouvez voir Alix et les Merveilleux sur Télé-Québec (10h et 17h30 du lundi au vendredi) ou à Radio-Canada (6h30 du lundi au vendredi). Toutes les émissions sont aussi facilement disponibles sur les sites internet jeunesse de ces deux réseaux.

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