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Droit au but

2 Mars 2021

par : Luc Gélinas

photo : NHL.com

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

On ne pourra jamais reprocher à Marc Bergevin de rester les bras croisés. Que vous l’aimiez ou pas, il faut reconnaître que le directeur-général du Canadien est un homme d’action.

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Même si PK Subban était carrément idolâtré par plusieurs partisans, il n’a pas hésité à l’expédier à Nashville pour assainir son vestiaire. Il a échangé son capitaine à Vegas et Michel Therrien a été congédié alors que le Tricolore trônait au premier rang de sa division. La semaine dernière, Bergevin a posé un autre geste d’éclat en limogeant un des entraîneurs les plus respectés de la LNH pour le remplacer par Dominique Ducharme qui n’a aucune expérience à ce niveau.

Je me réjouis grandement de cette nomination. Autant il est rassurant de voir un coach avec un impressionnant curriculum vitae prendre les commandes d’une équipe, autant ça fait du bien de voir enfin du sang neuf car le petit monde de la LNH ressemble beaucoup à un country club ou le copinage explique souvent bien des nominations, peu importe le poste disponible.

Dans le plus grand marché de hockey au monde, on a pourtant osé en montrant la porte à Mike Babcock pour le remplacer par Sheldon Keefe qui dirigeait le club école des Maple Leafs depuis cinq ans. À Montréal, on amène un homme qui n’a jamais été entraîneur-chef chez les professionnels mais Ducharme a gagné partout où il est passé. La dernière fois où le Canadien a posé un geste semblable, c’était en 1997. Alain Vigneault avait gagné dans la LHJMQ et il avait fait ses classes comme adjoint à Ottawa. Dimanche dernier, il est devenu le neuvième entraîneur de l’histoire de la LNH à atteindre le plateau des 700 victoires. Sa nomination aura peut-être été la meilleure décision de toute la carrière de Réjean Houle.

Mais revenons à Ducharme. Les partisans risquent de le trouver un brin monotone, car devant les caméras, il n’a pas le charisme et la verve d’un Patrick Roy ou d’un Bob Hartley. Mais dans le vestiaire, et c’est le seul endroit où ça compte, la voix du nouvel entraîneur devrait se faire entendre de façon très positive. Et si parler est important, écouter l’est tout autant. Discuter avec chacun de ses joueurs fait partie de la routine quotidienne de Ducharme et la génération actuelle a besoin de ça. C’est aussi important que la stratégie déployée. Pour bien acheter un plan de match ou accepter d’exécuter un jeu spécifique, certains joueurs doivent d’abord en comprendre la logique. Garder un athlète dans une zone grise amène énormément de questionnements, peu importe le statut au sein de l’équipe. Ducharme ne se perd pas dans les superlatifs. Son discours est bref et il va droit au but.

Cette année, Marc Bergevin a donné une équipe très compétitive à Claude Julien. Malheureusement, il a échoué. Si Ducharme ne parvient pas à replacer pas la barque, il faudra regarder du côté de son patron… mais je mettrais volontiers un vieux deux piastres en papier que le nouvel entraîneur-chef par intérim va causer une très agréable surprise.

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