— PUBLICITÉ—

Ah! Le temps qui passe!

23 Mars 2021

par : Martin Héroux

photo : Les finissants de l’Option Théâtre Lionel-Groulx 1994. De gauche à droite : Joël Marin, Nathalie Costa, Karen Hader, Claude-Michel Coallier, Martin Héroux, David Savard. En avant : Robin Aubert. (7 finissant sur 60 élèves en première année).

Originaire du Témiscamingue, Martin Héroux est un comédien québécois que l’on a eu la chance de voir tant à la télévision que sur les planches. C’est en 1995 que le grand public le découvre avec 4 et demi… On peut aujourd’hui le voir dans Alix et les merveilleux, 5e rang et District 31.

Il y a 26 ans que j'ai terminé le programme Option-Théâtre Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse. Déjà! Quand je parle d'école et de formation, je parle évidemment d'écoles officielles dédiées à l'interprétation sur scène et devant caméra. Une technique d'environ quatre ans qui existe pour apprendre les bases du jeu, du langage théâtral, des nombreuses formes et types de jeu, de danses, de lecture, de compréhension de textes, de pose de voix et l'histoire du théâtre à travers les âges.

— PUBLICITÉ—

Il n'est pas obligatoire de faire une formation pour réussir dans ce milieu. Certains, même aujourd’hui, sont ce que l'on nomme des autodidactes. Force est de constater que de fréquenter une institution de formation en jeu est l’option qui ouvre des portes plus facilement et offre une voie rapide et solide vers un métier de plus en plus fréquenté et contingenté.

Faire une école de théâtre, c'est un peu vivre en quelques années un concentré d'expériences en compagnie de professeurs qui sont encore présents dans l'espace cultuel actuel. Ils/elles nous donnent un enseignement technique, mais aussi un accompagnement humain dans ce labyrinthe parfois essoufflant, précaire, enivrant et changeant qu'est le monde des planches, des studios et des plateaux de télé, et peuvent quelquefois aussi nous engager par la suite. Il faut savoir qu'au Québec, la formation en jeu est presque uniquement un enseignement au niveau du jeu théâtral.

Je parle de formation en théâtre, car on me demande souvent des conseils sur la formation pour devenir comédien. Voici donc quelques bribes d'infos et des conseils d'un vieux loup. D’abord, il y a six écoles de formation incontournables. Il y en a d'autres, mais les plus fréquentes sont l'école nationale de théâtre du Canada, l'Option-théâtre de Sainte-Thérèse et de Saint-Hyacinthe, les conservatoires de Québec et de Montréal et l’Université du Québec à Montréal qui offre une formation en enseignement et en interprétation.

Avant de choisir le lieu d’enseignement, il faut s'assurer d'avoir certaines dispositions pour ce métier. La curiosité est, selon moi, au premier plan des outils à acquérir ou à posséder d’emblée. Quand on joue Molière, Shakespeare ou Tremblay, c'est primordial d'apprendre sur les époques, les mœurs et coutumes, les conflits politiques, les religions, la façon de parler, etc. C'est un métier qui a pour objet premier vous-même, donc il ne faut pas être susceptible ou frileux à la critique; on est en constante compétition avec d'autres qui sont tout aussi bons ou meilleurs que nous, et on doit relativiser nos échecs en audition.

Photo.jpg

En effet, il est sage de bien gérer les refus, car il y a 90 % de refus pour les rôles et auditions disponibles. Comme j'aime dire : « Il faut rêver grand et viser la lune, au moins on atteint quelques étoiles si on rate la lune! » La persévérance et le travail bien fait, respecter ses partenaires sur scène ou sur un plateau, parce qu'on est seulement un maillon du succès de la pièce ou du film. Ou, comme le dit bien mon ami comédien Luc Guérin : « Prend le temps de bien saluer, de respecter et de prendre soin des gens que tu rencontres en montant la côte du succès, car ce sont les mêmes que tu vas rencontrer en redescendant cette même côte! »

Ceux qui veulent faire partie du milieu des arts de la scène sont nombreux. En effet, environ 100 finissants sortent des écoles professionnelles depuis des dizaines d'années. Par cohorte, deux ou trois par école réussissent à en vivre. « Le salaire moyen des membres de l'UDA en 2016 était de 21 450 $. Seulement 28 artistes sur 8345 membres ont un revenu annuel supérieur à 300 000$ », a dit Hugo Pilon-Larose (La Presse, 3 juillet 2017).

Si vous souhaitez devenir riche, ce n'est peut-être pas le bon métier. Sur 14 000 artistes de l'UDA, seulement un peu plus de 8000 vivent tant bien que mal de leur art. Assurez-vous d'aimer ce qu’offre ce métier à la base : des expériences et des rencontres extraordinaires, des apprentissages humains et la chance d'être payé en applaudissements. C'est bon pour l’ego et ça donne des ailes, mais souvent ce sont des ailes de cire. Si on est prêt à tout ça, ça vaut le coup!

Vous devrez présenter deux scènes en auditions, dans n'importe quelle école de formation. Une scène contemporaine et une scène classique d'environ cinq minutes. C'est à partir de votre performance et de votre potentiel que les professeurs réussiront à déceler chez-vous le petit plus qui fera que vous serez accepté dans une école. Un coach peut être absolument utile pour préparer ses auditions. Pour les détails et la façon de s'inscrire, voyez votre orienteur. Pour le reste, foncez que diable!

nouveaute-printemps-chronique.jpg

Articles suggérés