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À la recherche de Mark Recchi

6 Avril 2021

par : Luc Gélinas

photo : Site Web LNH

Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

Il ne reste que quelques jours aux directeurs généraux de la LNH pour aller chercher du renfort en vue des séries éliminatoires. Car le 12 avril, sur le coup de 15 h, il ne sera plus permis de procéder à des échanges.

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Chaque année, les amateurs de hockey se réveillent le matin de la journée de la date limite des transactions, un peu excités. Cette frénésie est tout à fait normale et les médias y contribuent largement avec des émissions spéciales diffusées en direct, dès l’aube. À RDS, tout le monde est mis à contribution. Sauf que sur le terrain, c’est souvent ennuyant puisque plusieurs équipes ont déjà bougé dans les jours précédents.

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Dans mon travail de couverture du Canadien, la transaction qui m’a le plus marqué s’est déroulée le 10 mars 1999. Nous étions à Saint-Louis où le Tricolore allait affronter les Blues le lendemain. Un peu avant l’heure du souper, on nous annonce que Montréal vient de céder le vétéran Mark Recchi aux Flyers. Pour être bien certains de l’intercepter avant qu’il quitte l’hôtel, tous les journalistes sont descendus dans le lobby. L’attente était interminable. Devant notre impatience grandissante, le responsable des communications du Canadien nous répétait que Recchi avait un vol en soirée et qu’il prenait le temps de faire ses adieux à tous ses coéquipiers.

Vers 20 h, Paul Buisson, mon caméraman et comparse de longue date, s’approche et me dit à l’oreille : « En allant fumer dehors, j’ai jasé avec le valet de l’hôtel. Recchi a pris la sortie de secours dans la ruelle pendant que Koivu surveillait. Il est parti il y a une quinzaine de minutes. » Dès lors, je lance à mes collègues que j’abandonne et que nous allons au restaurant. Mais en sautant dans le taxi, nous demandons plutôt au chauffeur de nous amener à l’aéroport. Il faut savoir qu’avant le 11 septembre 2001, dans tous les aéroports des États-Unis, n’importe qui pouvait se rendre à la porte d’embarquement sans nécessairement détenir un billet pour un vol. En route, j’ai réussi à obtenir les informations qui manquaient et nous sommes allés attendre paisiblement le joueur. Lorsque Recchi s’est présenté pour monter à bord, il a souri à pleines dents en haussant les épaules lorsqu’il nous a aperçus. Bon joueur, il nous a accordé une longue entrevue en exclusivité. Quel sentiment puissant de fierté nous envahit lorsqu’on parvient à battre la compétition et ce soir-là, nous étions réellement fiers de notre coup !

C’est un bien meilleur souvenir que celui du 21 novembre 2001. Toujours avec Paul, nous étions à Atlanta à la veille d’un match face aux Trashers. Assis dans l’un de nos restaurants préférés, nous venions de commander une « orgie de sushis » comme Paul aimait dire. Le serveur venait de partir avec notre commande lorsque nous avons appris que Benoit Brunet et Martin Rucinsky passaient aux Stars de Dallas. Nous sommes partis sur-le-champ, en annulant notre commande. Comme leur vol était le lendemain seulement, les gars sont demeurés dans leur chambre et nous les avons attendus en vain toute la soirée… en nous contentant d’un sac de chips comme repas !

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