Respectons-nous les uns les autres
Personne ne souhaite avoir un blessé ou un mort sur la conscience ni perdre un être cher dans un accident de la route. Agissons en conséquence.
Après avoir été infirmier clinicien, Samuel Lessard fait un changement de carrière à 180 degrés. Ce Témiscamien d’origine est maintenant journaliste automobile à l’émission RPM diffusé sur les ondes de V Télé. Il coanime RPM+ et écrit des articles pour le magazine web de l’émission.
Il y a quelque temps, je suivais un convoi de déneigeuses sur une voie rapide dans la région de Montréal. Elles s’affairaient à dégager une importante bordée de neige qui compliquait les déplacements des automobilistes. Alors que je roulais tranquillement loin derrière, la laissant effectuer son travail, j’ai observé le comportement des autres automobilistes.
J’ai tôt fait de remarquer ce fou furieux, dans sa Honda Fit, qui alternait dangereusement entre la voie de gauche et la voie de droite. Il enchainait les coups de volant et les montées en régime de son petit 4-cylindres pour doubler les déneigeuses à travers les autres automobilistes qui patientaient.
Mais pourquoi? Pourquoi mettre la vie des autres automobilistes en danger? Pourquoi compliquer le travail des opérateurs de déneigeuses? Ce chauffard n’a sans doute pas songé que les déneigeuses étaient là pour rendre les routes plus sécuritaires alors que lui, en ayant un comportement aussi erratique, faisait exactement le contraire.
Il s’agit là d’un problème de partage de la route. Été comme hiver, il faut penser que tous les usagers ne sont pas égaux, n’ayant pas les mêmes aptitudes ou capacités à conduire. Il faut aussi penser que la route peut être empruntée par des automobiles et des camions, mais aussi par une panoplie d’autres usagers, y compris ceux à pied, à vélo, en quadriporteur, à mobylette, à moto, en tracteur et même à motoneige ou en VTT sur certains tronçons.
Parmi cette liste, il y a des véhicules plus lents. Pensez aux mobylettes dont la vitesse maximale est d’environ 65 km/h, mais qui peuvent circuler sur des routes à limite de vitesse de 90 km/h. Pensez également aux tracteurs qui, avec un chargement de balles de foin ou un épandeur à fumier, circulent plus lentement qu’autrement.
Il faut aussi considérer le manque de protection qu’ont certains types d’usagers. Le plus flagrant est évidemment le piéton, qui n’a pour ainsi dire aucune protection lors d’un impact. Le motocycliste n’est pas tellement avantagé en raison de la vitesse à laquelle il circule, mais également de sa protection qui se limite à ses vêtements et à son casque.
Le mot d’ordre pour que tout ce beau monde cohabite est « respect ». C’est la seule manière de partager harmonieusement la route. Respecter le fait que les déneigeuses, pour effectuer un travail efficace, ne peuvent pas rouler 100 km/h. Respecter le fait que d’autres automobilistes préfèrent adopter un rythme plus lent dans ces conditions sévères. Respecter le fait qu’un piéton a tout autant le droit de circuler sur une voie publique qu’un camion. Et surtout, respecter le Code de la sécurité routière, qui balise toutes les règles à suivre.
Personne ne souhaite avoir un blessé ou un mort sur la conscience ni perdre un être cher dans un accident de la route. Agissons en conséquence.