Chronique

Classique… glaciale!

Dimanche dernier, à Hamilton, la LNH présentait son dernier match en plein air de la saison. Devant plus de 26 000 personnes, les Sabres ont battu les Maple Leafs. Au-delà du résultat final, ces rendez-vous au grand air deviennent surtout de formidab

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Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).

Dimanche dernier, à Hamilton, la LNH présentait son dernier match en plein air de la saison. Devant plus de 26 000 personnes, les Sabres ont battu les Maple Leafs. Au-delà du résultat final, ces rendez-vous au grand air deviennent surtout de formidables prétextes pour les commanditaires et une opportunité unique de retomber en enfance pour les joueurs et les partisans. Cette année, trois parties ont été disputées dehors sur un total de trente-cinq depuis que le Canadien et les Oilers se sont affrontés lors de la toute première Classique Héritage, le 22 novembre 2003. J’y étais et je m’en souviendrai toute ma vie!

Il y a une vingtaine d’années, avant l’époque des iPhone et d’internet, il n’était pas évident de connaître à l’avance et avec précision les prévisions de la météo. Avant de partir de Montréal pour l’Ouest canadien, le mercure flirtait avec le point de congélation. Comme tous mes collègues, j’étais donc parti avec des petites bottes propres et un simple manteau d’hiver. La veille de notre départ pour Edmonton, George Gillet avait pris la peine d’intercepter les représentants des médias à Calgary. « Allez vous acheter des tuques et des mitaines, on m’a dit qu’il fera un froid sibérien à Edmonton », nous avait prévenus le propriétaire du Tricolore. J’aurais dû aller m’acheter des pantalons de neige, mais en voulant économiser, j’ai naïvement imaginé que de bonnes vieilles combines allaient me tirer d’embarras! Résultat, j’ai été complètement congelé pendant deux jours.

Le vendredi, lors de l’entraînement, nous avons tous été stupéfaits. Monsieur Gillett n’avait rien exagéré. Même si nous n’étions qu’en novembre, il faisait sûrement plus froid qu’au beau milieu de février à Chibougamau. Et le samedi matin, c’était encore plus glacial. Même que vers 10 h, dans le lobby de l’hôtel du Château Macdonald où nous logions avec l’équipe, une rumeur a commencé à circuler voulant que la LNH annule l’événement pour disputer la partie à l’intérieur de Northland Coliseum, le dimanche.

Les joueurs se sont réunis et ils ont laissé savoir qu’ils voulaient absolument vivre l’expérience. Eh oui, il faisait encore plus froid que lors de l’entraînement du vendredi! Habillés comme s’ils allaient à la pêche sur la glace, plus de 57 000 spectateurs se sont massés dans les gradins du Commonwealth Stadium. Les joueurs aussi ont ajouté des couches de vêtements et on se souvient d’ailleurs de la fameuse tuque de José Théodore, un morceau de laine devenu instantanément célèbre et qui s’est retrouvé au Temple de la Renommée.

Finalement, même si la LNH a attendu plus de quatre ans avant de revenir à la charge avec une autre partie en plein air, l’expérience a été un immense succès et tous ceux qui l’ont vécu en personne en gardent un souvenir impérissable. C’est mon cas! Jamais je n’ai été aussi heureux de revenir à l’hôtel après une joute! J’avais l’impression d’avoir réalisé un exploit; survivre à la Classique Héritage! J’ai couvert d’autres matchs extérieurs par la suite, mais jamais rien n’approchera celui du 22 novembre 2003!

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