30 printemps!
Il ne reste que quelques parties à disputer dans la LNH et ce sera soit le début de vacances ou des séries éliminatoires. Pour ma part, comme c’est souvent le cas, je quitterai pour un long printemps sur la route pour suivre les meilleurs clubs du ci
Luc Gélinas est journaliste sportif à RDS et couvre les activités liées aux Canadiens de Montréal depuis 1992. Il a aussi signé plusieurs livres à succès au cours des dernières années, dont Steve Bégin : ténacité, courage, leadership ainsi que les séries jeunesse C’est la faute à… (Hurtubise) et L’étonnante saison des Pumas (Éditions Z’ailées).
Il ne reste que quelques parties à disputer dans la LNH et ce sera soit le début de vacances ou des séries éliminatoires. Pour ma part, comme c’est souvent le cas, je quitterai pour un long printemps sur la route pour suivre les meilleurs clubs du circuit en mettant l’emphase sur les joueurs québécois. Et mine de rien, ce sera bientôt la fin de ma trentième saison sur la couverture des Canadiens.
À l’automne 1992, lorsque j’ai commencé à assister régulièrement aux entraînements et aux matchs de ceux que l’on surnommait les Glorieux à l’époque, jamais de ma vie je n’aurais imaginé que l’aventure se prolongerait au-delà de trois décennies. Quoique dans toute la belle naïveté de mes 24 ans, je me croyais suffisamment bien armé pour faire face à la musique. Après tout, j’avais couvert le club de façon sporadique depuis l’ouverture de la station en 1989!
Je me souviens parfaitement de la première fois où j’ai mis les pieds dans le mythique vestiaire du Forum. En fait, je me souviens qu’en sortant, j’ai lâché un long soupir de soulagement pour ensuite réaliser que je n’avais pas pris la moindre seconde pour observer les lieux. Trop nerveux et trop concentré à effectuer mes entrevues, je me rappelais seulement que Patrick Roy occupait la première place à gauche. J’ai malheureusement oublié la date et l’identité du club qui a affronté le Tricolore lorsque j’ai eu le privilège de couvrir ma première partie, quelque part au début de 1990. Par contre, je me souviens que je pesais chacun de mes mots lorsque je posais timidement une question à Pat Burns!
Alors quand je suis arrivé sur le beat en 1992, je croyais sincèrement que je possédais beaucoup d’expérience. J’ai été gâté pour cette première saison à temps plein. Il y a eu le match des étoiles et l’inattendue épopée des séries éliminatoires qui s’est terminée avec la conquête de la Coupe Stanley. Alors que Montréal était déjà qualifié pour la finale, j’ai eu la chance de couvrir le septième match entre les Kings et les Maple Leafs au vieux Garden de Toronto. C’était un moment magique, mais rien de comparable à ce qui m’attendait deux semaines plus tard. Jean-Pierre Boisvert couvrait tous les faits et gestes des Canadiens alors que j’épiais la bande à Wayne Gretzky. Confiné dans le vestiaire des visiteurs, j’osais à peine imaginer ce que devait vivre mon ami et collègue du côté des gagnants.
Je vous ai dit que je suis naïf alors je pensais que mon tour viendrait avant longtemps! Il a fallu que j’attende jusqu’en 1996 pour vivre cette ambiance… mais dans le vestiaire de l’Avalanche du Colorado. Je complète ma trentième saison sur le beat et finalement, je me demande si je verrai un jour les joueurs des Canadiens célébrer la conquête de la Coupe Stanley! Pour que ça se produise, il faudra possiblement que j’imite l’ami Pat Hickey du quotidien The Gazette. Aussi actif que tous les autres collègues, la semaine passée, le bon vieux Pat a soufflé 78 bougies et il couvre le club depuis 57 ans!