— PUBLICITÉ—

Le triste départ de deux personnalités du Temiskaming ontarien

29 novembre 2023

par : Dominique Roy | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

Sr Margot

Sr Marguerite Génier (1936-2023)

En entrant chez les religieuses, Marguerite Génier est devenue Marguerite-de-la-Croix, mais pour la communauté, elle était et elle restera Sœur Margot. Elle est née le 29 février à Markstay, dans le district de Sudbury.

En 1957, elle prononce ses vœux et intègre la Congrégation des Sœurs de l’Assomption de la Sainte Vierge. Elle exerce la profession d’enseignante et de directrice dans différentes écoles francophones du Nord de l’Ontario, et ce, jusqu’en 1969. Après des études à l’Université Saint-Paul d’Ottawa, elle consacre son quotidien à la vie pastorale paroissiale et diocésaine. Au fil des ans, elle a exercé diverses fonctions d’autorité au sein de sa Congrégation, occupant notamment le poste de supérieure provinciale dans l’Ouest canadien pour un mandat de 3 ans.

Pendant une trentaine d’années, elle a organisé des voyages humanitaires en Amérique du Sud. Plusieurs adolescents de la région ont pu vivre une riche expérience de bénévolat grâce à la contribution de Sr Margot. Audrey Marquis a fait partie de l’édition 2018 en Jamaïque. Elle lui a rendu un émouvant hommage sur les réseaux sociaux. « Le projet One Love est une grande réussite; chaque année, tu emmenais des élèves en Jamaïque pour construire un endroit où une famille dans le besoin allait vivre. C'était un voyage où nous apportions également des équipements et des provisions pour différents orphelinats. […] Je regarde encore souvent le livret que tu nous as fait faire après le projet Jamaïque, et je chéris ces moments où j'ai appris à donner de moi-même. »

Jusqu’à ses derniers jours, elle s’est impliquée avec passion, toujours en accordant une place de choix aux jeunes. Stéfanie Nolet, qui l’a côtoyée, en témoigne. « Sr Margot était une femme forte et au très grand cœur. Dans tous ses projets, c’est clair qu’elle gardait les jeunes en priorité. Une des choses qui lui a permis de bâtir des liens de confiance avec les jeunes, c’est qu’elle comprenait que plusieurs des traditions religieuses et priorités de l’Église ne correspondaient pas aux nôtres. Dans toutes ses activités, elle savait adapter ses conversations et enseignements pour combler cet écart et s’assurer que les jeunes puissent s’identifier, et elle encourageait aussi ses collègues, prêtres et évêques, à utiliser différents moyens pour encourager les jeunes à rester impliqués dans la religion. »

Rose-Aimée Bélanger

Rose-Aimée Bélanger (1923-2023)

C’est entouré de ses proches que l’artiste franco-ontarienne Rose-Aimée Bélanger a rendu son dernier souffle. Elle célébrait ses 100 ans au mois de juillet alors que son exposition, Du grès au bronze : 40 ans de sculpture prenait place au Rift, pour la saison estivale.

Rose-Aimée Bélanger est née à Guérin, mais c’est dans le nord-est de l’Ontario qu’elle a élevé ses 9 enfants auprès de son mari, Laurent Bélanger. Même si son intérêt pour l’art date de l’enfance, elle aura attendu la cinquantaine pour se consacrer à sa passion, la sculpture. C’est dans son atelier, à Earlton, qu’elle a développé ses connaissances et expérimenté une variété de matériaux, de techniques et de formes. À travers ses essais, le grès de ses sculptures fut remplacé par le bronze, et ses personnages filiformes sont devenus, avec le temps, plus ronds, plus potelés, plus dodus.

Ses « rondes », comme elle les appelait, auront fait sa renommée. En effet, ses sculptures de bronze représentant des femmes dans des moments simples de la vie quotidienne lui ont valu une reconnaissance sur la scène provinciale, nationale et même internationale. Les chuchoteuses, œuvre installée dans le Vieux-Montréal, à l’angle des rues Saint-Paul et Saint-Dizier, fait partie de ses créations les plus populaires. Parmi les mille œuvres d’art publiques présentes sur l’île, c’est celle qui est la plus photographiée, l’une des plus emblématiques de Montréal. Des collectionneurs et même des célébrités font l’acquisition de ses sculptures de bronze qui connaissent un succès indéniable.

« Elle aura eu une influence profonde sur tous ceux qui l’ont croisée. Douce, plaisante et discrète, on ne se rendait pas compte que nous vivions avec un personnage plus grand que nature », témoigne l’un de ses fils, Pierre Bélanger.

« Lorsqu’on visitait mes grands-parents, ma grand-mère nous laissait, ses petits-enfants, créer de petites sculptures dans son atelier. C’était toujours impressionnant d’utiliser tous ses outils et d’être parmi ses œuvres, ses photos et ses coupures de magazines collées au mur. Son studio était un espace paisible où j’aimais beaucoup passer du temps. Le seul règlement : il ne fallait pas toucher aux chiffons mouillés qui recouvraient ses sculptures de grès, parce que ça pouvait sécher et c’était très difficile à corriger », se remémore sa petite-fille, Jacinthe Rivard.

Articles suggérés