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Vivre la pandémie et les élections américaines en direct

18 Novembre 2020par : Karen Lachapelle

photo : Jérémie Poudrier

En août dernier, trois jeunes Témiscamiens prenaient la direction des États-Unis afin de participer à un échange étudiant de près d’un an pour apprendre l’anglais et vivre une nouvelle aventure. Cinquième secondaire terminée, Jérémie Poudrier demeure à Janesville en Iowa, Genève Baril à Greenfield en Ohio et Anne-Mélodie Gingras à Cass City au Michigan. Tous en région rurale, la densité de population variant entre 1 000 et 5 000 habitants par ville, ils voient et vivent la pandémie ainsi que les élections américaines d’un autre œil.

« Je savais depuis que j'ai 12 ans que je ferais un échange étudiant lorsque je terminerais mon secondaire. Pour moi, c'est une opportunité de voyager, mais surtout d'apprendre l'anglais. Lorsque je me suis inscrite, c’était l’été entre ma quatrième et cinquième secondaire. La COVID n'existait pas, ç’a failli tomber à l'eau, mais finalement j'ai pu me rendre au Michigan. Depuis mon arrivée là-bas, je vis des expériences incroyables. Les gens sont très gentils et accueillants. Ce qui m'a étonné par rapport à la pandémie, je suis arrivée le samedi aux États-Unis et le lundi, j'étais déjà à l'école. On dirait que ça n’existe pas vraiment, les élections prennent toute la place », de raconter Anne-Mélodie Gingras.

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Anne-Mélodie Gingras

Pour Genève Baril, c’est un peu la même chose. « Quand je suis arrivée en Ohio, j'ai rapidement subi un test de COVID-19 afin d'aller à l'école. Présentement, il y a une centaine d'étudiants qui sont en quarantaine. Ils prennent ça très au sérieux à l'école, je dois porter le masque, mais il n'y a pas vraiment de distanciation sociale dans la ville qui est d’environ 5000 habitants. Le port du masque est fortement recommandé, mais non obligatoire. Les rassemblements sont aussi permis. Donc contrairement au Témiscamingue, ici, je ne sens pas vraiment la présence de la pandémie. »

Même son de cloche pour Jérémie Poudrier. « Honnêtement, je ne vois pas vraiment de différence. Tout est ouvert, comme les gymnases, les salles d’entraînement. Le sport scolaire et la vie en dehors de l’école continuent normalement. Il n’y a pas de nombre maximum de gens permis dans les endroits publics. C’est comme avant. Il faut porter le masque à l’école, mais on peut l’enlever une fois qu’on est assis et quand on mange. » Quelques jours après l’entrevue, la situation avait évolué : l’école a décidé de fermer pour 14 jours et l’enseignement est devenu en ligne. Pour ce qui est de la ville, il semble que ce soit moins rigide. « Il faut porter le masque dans certains endroits oui et d’autres non. Je pense que c’est le commerce qui décide s’il veut que ce soit obligatoire ou pas. Par exemple, au Walmart, c’est obligatoire, mais au dépanneur, ça ne l’est pas. »

Alors que tous les yeux sont rivés sur les élections américaines, les trois Témiscamiens confirment que là-bas, le vote des résidents est sans ambiguïté. « La ville où j'habite est très Trump. Pour eux, Biden veut juste faire un shutdown de l’économie et hausser les taxes. En fait, les gens votent pour Trump pour des raisons économiques. Ce qui m'a étonné, c'est que les Américains ne comprennent pas pourquoi les autres pays suivent autant la politique américaine. Pour eux, ce n’est pas de nos affaires. Les tweets du président, les relations étrangères, ça n’a pas d’importance. Un de mes voisins s'affichait Biden et il s’est fait voler sa pancarte. Il s’en est fait une nouvelle où était écrit : Vous pouvez voler ma pancarte, mais par mon vote », de raconter la jeune Baril.

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Genève Baril

« Moi, je suis dans un état qui a voté pour Trump, de mentionner Jérémie Poudrier. Je trouve que les élections sont plus intenses ici qu’au Canada. On dirait que tout le monde parlait juste de ça. Ce qui est l’fun, c’est que j’ai un cours « gouvernement » à mon horaire scolaire. Donc, c’était intéressant de vivre les élections en ayant ce cours-là parce que ça amenait de bonnes discussions en classe. »

Anne-Mélodie Gingras a eu la même perception concernant les élections. « Ce qui m'étonne, c'est qu'on sait pour qui les gens votent dans ma ville. En fait, tout le monde vote pour Trump et déteste Biden. Les jeunes s'affichent en portant des casquettes et des gilets aux couleurs de Trump. Pour eux, l'élection a été volée, c’est de la triche. Trump, c'est un bon gars, tout le reste c'est des fake news. Il a créé de l'emploi et le reste n'a pas d'importance, ma ville est totalement républicaine. Ce qui m'étonne aussi, c'est que les jeunes s’y connaissent en politique et la suivent énormément. »

Peu importe la présente situation, les trois jeunes ont le même constat : l’expérience vaut vraiment le coup. Leurs familles d’accueil et leur milieu scolaire leur permettent de bien s’intégrer et d’en profiter. Sportifs, ils en profitent pour découvrir de nouveaux sports et de nouveaux horizons. « Pour moi, c’est une super expérience d'en apprendre un peu plus sur les autres, sur la culture américaine, son évolution. Je conseille à tout le monde de vivre un échange étudiant », de conclure avec enthousiasme Anne-Mélodie Gingras.