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Kinoamazihin : Une formation sur mesure

16 Novembre 2020par : Marjorie Gélinas | Journaliste de l'Initiative de journalisme local

photo : Capture d’écran de la première rencontre de Kinoamazihin ayant eu lieu le 28 octobre

« Tu es né avec une vocation, un don, alors utilise-le » est la signification du mot kinoamazihin. C’est aussi le nom d’une série de formations sur mesure qui a été élaborée par l’organisme Minwashin, en collaboration avec le Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue (CCAT), pour répondre aux besoins spécifiques des six stations de radio communautaire de la Nation Anicinabe de l’Abitibi-Témiscamingue.

Sur ces six stations de radio, trois sont situées au Témiscamingue : la plus jeune est la station Drumbeat, CKFF – 104.1 à Kebaowek, qui existe depuis la fin mars 2020. Celle de la communauté de Long Point First Nation, la station CFWR – 93.5, existe depuis environ 25 ans et The Coyote, CHNT – 92.3 de Timiskaming First Nation, soulignait récemment son 20e anniversaire.

Amélie Brassard, agente de développement culturel pour l’organisme Minwashin, explique : « Chaque station a sa propre couleur. Certaines ont des gens qui y travaillent à temps plein, créent du contenu, sont disponibles et impliqués dans leur communauté. » D’autres stations font face à certaines contraintes et de manière temporaire, ne diffusent que de la musique. C’est pourquoi Minwashin a tenu, en janvier 2020, une rencontre avec les radios de la Nation Anicinabe pour apprendre à mieux connaître les spécialités, les forces et les faiblesses de chacune. L’organisme, dont le rôle est d’offrir ses services liés à la culture aux artistes, aux communautés et aux organisations des Premières Nations, a ensuite déposé une demande de financement pour la concrétisation d’une formation. « Minwashin s’est associé au CCAT, car ils ont l’expertise et beaucoup de contacts pour développer des formations sur mesure. Enfin, on a rencontré les conférenciers et expliqué notre démarche et nos besoins spécifiques », décrit Amélie Brassard.

Les formations se font sous forme de conférences Zoom. « Au début, on devait faire Kinoamazihin en présentiel mais, COVID oblige, on a dû changer nos plans moins de deux semaines avant l’événement. Une journée complète en conférence Zoom, c’est difficile et ardu. On a donc décidé de le faire en trois sessions les 28 octobre et 4 novembre derniers, ainsi que le 18 novembre prochain. Cela nous permet d’inclure une formation supplémentaire à notre programme initial. Je crois que nous sommes très gagnants », se réjouit madame Brassard.

Les participants, animateurs et administrateurs des radios communautaires anicinabek, sont satisfaits également et leurs commentaires sont très positifs. « Ça répond à leurs besoins, souligne l’agente de développement. Pour le moment, on a couvert les programmes de financement, les entrevues, les rôles et les responsabilités d’un conseil d’administration, ainsi qu’une réflexion pour un outil publicitaire. Aussi, habituellement, pour les rencontres radio, ce sont les animateurs et le directeur qui sont invités donc, c’était intéressant pour les administrateurs d’être présents puisque certains aspects de la formation les touchaient directement. Aussi, c’est toujours plaisant de discuter avec les pairs. »

Les six stations anicinabek travaillent déjà de concert sur certains projets mais, comme l’explique madame Brassard, « chaque radio a son horaire à gérer dans le quotidien et ça demande de l’énergie d’organiser des rencontres ». Kinoamazihin comprend donc des moments de réflexion dirigés vers le futur, où on cherche à organiser les différentes stations en un regroupement efficace, sans pour autant enlever la couleur locale de chacune, leur défi étant de créer du contenu pour toute la nation Anicinabe, qui sera diffusé à travers toutes les stations de radio. Un grand projet commun est d’ailleurs en développement et devrait voir le jour en janvier 2021.

« Depuis la dernière communication avec les signaux de fumée sur notre territoire, nous avons perdu beaucoup de notre culture, de notre langue. Aujourd’hui, les signaux de fumée se sont transformés en ondes radio et les stations de radio anicinabek seront essentielles dans le processus de garder notre langue et notre culture vivante », a mentionné Richard Kistabish, le président de Minwashin. En effet, ces stations sont des vecteurs d’informations de leurs communautés et on ne peut que se réjouir de les voir se mobiliser ainsi pour faire rayonner la Nation Anicinabe partout sur le territoire.

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