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Un roman, un petit-fils, un grand-père et un projet de recherche

26 Avril 2021

par : Dominique Roy | Journaliste de l’Initiative de journalisme local

photo : Olivier Bonin-Ducharme

Olivier Bonin-Ducharme, de New Liskeard, est en 12e année. Dans le cadre de son cours de français, il devait rédiger la critique littéraire d’un roman franco-ontarien. Son choix s’est arrêté sur Raoul, tu me caches quelque chose de l’auteure Claire Ménard-Roussy. Cette lecture, qui était obligatoire et prétexte à une production écrite évaluée, a particulièrement retenu l’attention de cet élève. Depuis, avec la complicité de son grand-père, Lionel Bonin, un projet de recherche est en branle pour élucider le mystère entourant Raoul Denonville, le personnage principal du roman. Voilà une aventure littéraire intéressante à raconter à la veille du 23 avril 2021, Journée mondiale du livre et du droit d’auteur.

Le roman, basé sur des faits réels, raconte la mystérieuse histoire de Raoul Denonville, un énigmatique personnage venu s’installer à River Valley, tout près de Sturgeon Falls, en 1915, pendant la Première Guerre mondiale. Il y a vécu dans une petite cabane, sur le bord de la rivière Temagami, jusqu’à son décès en 1970. Raoul était un homme discret, qui fuyait l’animation du village. Sa ligne de trappe et les camps de bûcherons lui rapportaient suffisamment pour subvenir à ses besoins. Cinquante ans après son décès, plusieurs questions restent en suspens au sujet de cet homme solitaire aux traits plutôt féminins. Les recherches et les hypothèses de l’auteure laissent planer différents scénarios concernant les secrets de cet inconnu. Lequel correspond à la réalité? « Comme le soulignait le journaliste Wayne LeBelle dans son article paru dans le North Bay Nugget en 1971, le saura-t-on un jour? Ceux qui l’ont su – on peut penser au père Bradley et au docteur Patenaude – ont gardé le secret à tout jamais, car ils ne sont plus parmi nous. Et on ignore tout de ce que Raoul leur a révélé. » Et si la réponse se trouvait quelque part, parmi les quelques pistes laissées par l’auteure? C’est tout ce mystère encore inconnu qui a piqué la curiosité du jeune Bonin-Ducharme.

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Olivier Bonin-Ducharme.jpg

« J’ai surtout été attiré par l’aspect historique du roman. Que l’histoire se passe autour de River Valley et de Sturgeon Falls, ça a attiré mon attention puisque quelques branches de ma famille viennent de là. Bien sûr, le sujet est intéressant… le fait que quelqu’un peut vivre dans de telles conditions, en cachant son véritable sexe… J’ai aussi aimé comment le roman nous guide à travers la transformation/modernisation de River Valley au 20e siècle », explique-t-il. Cette passion pour l’histoire, Olivier la partage avec son grand-père maternel, Lionel Bonin, qui habite à Sudbury. « Je discute souvent de telles choses avec lui, comme la culture franco-ontarienne, l’histoire de la région, du monde et de la vie en général. C’est lors d’une de ces discussions que j’ai mentionné le livre et j’ai cru que ça l’intéresserait. » Olivier a donc acheté un exemplaire pour l’offrir à son grand-père. Monsieur Bonin lui a révélé qu’il avait connu, personnellement, un personnage important du roman. « Il m’a raconté qu'il connaissait le Père Bradley puisqu'il était le cousin de sa mère. Même qu'il est allé à River Valley, la ville où se passe l'histoire, en 1960, pour un pique-nique paroissial mené par le Père Bradley. »

Lionel Bonin et le roman.jpg

Très intrigués par l'histoire, le petit-fils et le grand-père ont tous les deux l’intention de mener leur enquête pour élucider le mystère entourant Raoul Denonville. D’ailleurs, Olivier a déjà déniché une photo du Père Walter Bradley datant de 1939. C’est un début fructueux. Dès la pandémie terminée, ce sont dans les archives de l’Université Laurentienne, à Sudbury, qu’ils entameront leurs recherches. Avec ce but en commun, le jeune homme de 17 ans avoue que les conversations avec son grand-père, qui se font actuellement à distance, sont de plus en plus fascinantes et intrigantes. « La collaboration à un projet qui nous intéresse les deux peut certainement renforcir les liens parce que nous passons plus de temps ensemble à faire de la recherche et à nous échanger de l’information qui peut mener à des réponses posées depuis 50 ans. C’est un peu comme partir à l’aventure. Pour moi, ce sera un excellent passe-temps, pas stressant. Surtout, j’aurai la chance de travailler avec un de mes petits-fils, chose qui n’arrive pas souvent lorsque nous sommes loin l’un de l’autre », termine Lionel Bonin qui aime particulièrement les livres dont l’histoire se déroule près de chez lui et qui concerne les Franco-Ontariens.

Une telle tranche de vie à saveur intergénérationnelle rappelle à quel point la littérature est à l’origine de tant de bienfaits et de rapprochements. C’est ici que l’expression « Faire œuvre utile » prend tout son sens.

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